Média sans murs : Réalité, impacts et témoignages du parcours de la dérision des journalistes dans la bande de Gaza
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Média sans murs : Réalité, impacts et témoignages du parcours de la dérision des journalistes dans la bande de Gaza

Depuis le 7 octobre 2023, les journalistes dans la bande de Gaza subissent des attaques sans précédent, touchant leur vie, leurs lieux de travail et leurs maisons, dans le cadre d'une guerre qui ne se contente pas de faire taire les voix, mais qui cherche à déraciner complètement leur environnement.

Les données de la Commission des libertés indiquent qu'environ 265 journalistes ont été tués depuis le début de l'agression, ce qui constitue l'un des bilans les plus élevés au monde contre les journalistes dans un seul conflit. Cependant, ce qui est tout aussi alarmant, c'est la réalité de l'errance massive que vivent les journalistes encore en vie.

Réalité de la dérision en chiffres :
Avec environ 1200 journalistes dans la bande de Gaza, la Commission estime que 60% à 75% d'entre eux ont perdu leurs maisons ou ont été contraints de fuir, soit entre 700 et 900 journalistes.

Les estimations montrent également que plus de 80% des bureaux et des institutions médiatiques ont été complètement ou partiellement détruits, ce qui a conduit à un effondrement quasi total de l'infrastructure du travail journalistique.

Journalisme sans murs :
Le journaliste à Gaza ne travaille plus dans une salle de rédaction, mais sous une tente, sur un trottoir, ou dans un coin d'un centre d'évacuation. Le téléphone portable est devenu l'outil de production principal, et l'accès intermittent à Internet détermine le rythme de la publication, tandis que les espaces publics se transforment en alternatives forcées aux lieux de travail.

Témoignages humains du terrain :

Le Dr. Ahed Farwana, l'un des journalistes déplacés, déclare : "J'ai perdu ma maison et mon bureau la même semaine. Je n'ai plus de place où écrire, mais j'écris depuis mon téléphone parmi les gens, parfois en cherchant de l'eau pour ma famille."

La journaliste Ola Kassab raconte :
"Je travaille depuis un centre d'évacuation, je choisis un coin aussi calme que possible. Le plus difficile n'est pas le bombardement, mais d'essayer de se concentrer au milieu de cette foule et de cette peur."

Le photographe Wisam Zghir ajoute : "L'appareil photo n'est plus la chose la plus lourde que je porte, mais le sentiment que j'archive ce qui pourrait m'arriver aussi."

Conséquences professionnelles et humaines :
La perte d'abri et de lieu de travail ne signifie pas seulement une perte matérielle, mais a un impact direct sur la qualité du travail journalistique, la sécurité des journalistes, et leur capacité à vérifier et documenter. Cela limite également la possibilité de protéger les sources et affaiblit les normes professionnelles sous la pression des circonstances.

Environnement de travail en ruine :

En l'absence de lieux de travail sûrs, avec des coupures de courant et de communication, et la dispersion des équipes journalistiques, le travail médiatique est devenu un effort individuel pour la survie professionnelle, plutôt qu'un travail institutionnel organisé.

La Commission des libertés affirme que ce qui se passe dans la bande de Gaza représente une destruction systématique de l'environnement de travail médiatique, et pas seulement une cible pour des individus. En conséquence, la Commission appelle à :

Fournir une protection internationale urgente aux journalistes dans la bande de Gaza, soutenir la création d'espaces de travail sûrs et temporaires pour les journalistes déplacés, faire pression pour garantir que les institutions médiatiques ne soient pas ciblées, et fournir un soutien psychologique et professionnel aux journalistes touchés.

Le "Média sans murs" n'est plus une description métaphorique, mais une réalité quotidienne pour des journalistes qui continuent leur travail dans les conditions les plus difficiles, portant leur message malgré la perte de lieu et l'absence de sécurité due à la destruction des murs par les roquettes et obus de l'armée d'occupation israélienne.