Haaretz : Israël ne peut pas supporter l'appétit de guerre sans fin de Netanyahu
SadaNews - L'écrivain David Rosenberg, dans un article publié sur le site d'Haaretz, estime qu'Israël n'est plus capable économiquement et politiquement de supporter ce qu'il qualifie d'appétit du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour les guerres ouvertes et prolongées, considérant que le tournant qu'a pris Netanyahu depuis l'attaque du 7 octobre 2023 a poussé Israël vers un état de "mobilisation militaire permanente" qui épuise l'économie et la société et place l'avenir de l'État devant des défis graves.
Rosenberg indique que le président américain Donald Trump, malgré son inclination à la confrontation avec l'Iran, a rapidement réalisé les dangers d'une implication dans une guerre longue, et a par la suite cherché à réduire l'engagement américain. Mais Netanyahu, selon l'auteur, suit un chemin complètement opposé, devenant de plus en plus enclin à étendre les opérations militaires et à se préparer constamment à de nouveaux cycles de combats.
Changement radical
L'auteur souligne que Netanyahu, avant l'attaque du 7 octobre, était connu pour sa prudence à engager des guerres prolongées, préférant des opérations militaires rapides se terminant par des compromis politiques réduisant le coût pour Israël, conscient que l'économie israélienne ne peut pas supporter des conflits ouverts, et que l'armée, qui dépend largement des forces de réserve, n'est pas conçue pour des guerres d'usure longues.
Cependant, Rosenberg affirme que cette approche a changé radicalement après la guerre actuelle, citant la poursuite des frappes israéliennes sur Beyrouth, et ce qu'il appelle le désir non déclaré de Netanyahu de reprendre l'attaque contre l'Iran.
L'écrivain fait valoir que Netanyahu, malgré près de trois ans de combats contre le mouvement de résistance islamique (Hamas), le Hezbollah et l'Iran, n'a pas réalisé ce qu'il appelle la "victoire complète", et n'a pas pu éliminer les menaces stratégiques auxquelles Israël est confronté. Néanmoins, il continue à pousser en faveur d'une politique qui place Israël dans un état de préparation permanente à la guerre, même s'il n'y a pas de confrontations ouvertes continues.
Le fardeau financier est devenu écrasant
Rosenberg souligne que le coût de la guerre est devenu énorme pour l'économie israélienne, précisant que les deux premières années de la guerre avant l'opération "Lion rugissant" ont coûté au gouvernement environ 120 milliards de dollars selon les estimations de la Banque d'Israël. De plus, la dernière guerre avec l'Iran a ajouté au moins 12 milliards de dollars supplémentaires en dépenses militaires et civiles, des chiffres que l'auteur estime être inférieurs au coût réel.
L'article ajoute que les dépenses militaires continuent malgré l'accord de cessez-le-feu avec le Liban, Israël poursuivant l'occupation de vastes zones du sud libanais et réalisant des frappes sur des cibles appartenant au Hezbollah, en plus de la poursuite des opérations militaires dans la bande de Gaza, de la présence de forces israéliennes en Syrie, et d'un déploiement croissant en Cisjordanie.
Selon Rosenberg, le fardeau financier des forces de réserve à lui seul est maintenant écrasant, car le coût de 10 000 soldats de réserve s'élève à environ 109 millions de dollars par mois. Le budget de 2026 prévoyait la présence de 40 000 réservistes en service quotidien, mais le nombre réel est actuellement de 100 000 soldats en moyenne, en l'absence de tout plan clair pour sortir des différents champs de bataille.
Les raisons pour lesquelles l'économie supporte les effets de la guerre
Rosenberg ajoute que l'économie israélienne a pu jusqu'à présent supporter les effets de la guerre pour plusieurs raisons, la première étant l'expérience des entreprises israéliennes dans la gestion des conditions de guerre, et la seconde, le choc psychologique laissé par les événements du 7 octobre, qui a conduit de larges secteurs de la population israélienne à considérer la guerre comme une question de survie nationale, indépendamment du coût économique.
Quant à la troisième raison, selon l'auteur, c'est que les Israéliens n'ont pas encore supporté le coût financier complet des guerres, car l'aide militaire américaine a couvert une grande partie des dépenses, tandis que le reste des coûts a été financé par l'emprunt gouvernemental. Cependant, l'auteur met en garde que cette facture apparaîtra par la suite par une augmentation des impôts ou une réduction des dépenses dans l'éducation, la santé et les infrastructures.
L'impact sur l'image d'Israël
L'écrivain note que les conséquences de la "guerre permanente" ne se limitent pas seulement à l'économie, mais s'étendent à l'image internationale d'Israël, notamment aux États-Unis, car la guerre à Gaza et le rôle d'Israël pour pousser Trump vers une attaque conjointe contre l'Iran ont entraîné un recul du soutien populaire américain pour Israël, non seulement parmi les démocrates et les courants progressistes, mais également au sein des milieux républicains et évangéliques qui étaient traditionnellement favorables à Tel-Aviv.
Rosenberg fait remarquer que ce recul pourrait se répercuter à l'avenir sur l'aide militaire américaine elle-même, signalant des votes qui ont eu lieu au Sénat américain le mois dernier, où la majorité des membres du parti démocrate ont soutenu des projets de résolutions visant à stopper les ventes d'armes à Israël, même si ces projets ne sont finalement pas passés.
L'auteur souligne également que Netanyahu lui-même a commencé à admettre implicitement la possibilité de réduire l'aide américaine après la fin de l'accord d'aide actuel en 2028, voire de son éventuelle disparition, ce qui amplifie les pressions financières sur l'économie israélienne.
L'article affirme que la dette publique israélienne a considérablement augmenté depuis le début de la guerre, représentant environ 60 % du produit intérieur brut avant le 7 octobre, mais atteignant environ 69 % à la fin de l'année 2025. L'auteur cite le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, disant que la mise en œuvre complète du plan militaire de Netanyahu pourrait faire monter le ratio de la dette à 81 % d'ici 2035, et peut-être même à 83 % si le soutien américain diminue.
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