Analyse de Haaretz : Le Conseil de paix a 3 voies pour la reconstruction et Israël les bloque toutes
SadaNews - Israël se met une fois de plus devant tout parcours potentiel pour la reconstruction de la bande de Gaza, étant accusé par des parties internationales et régionales de bloquer les plans proposés, que ce soit en refusant les arrangements sécuritaires proposés, en retardant l'entrée des forces internationales, ou en s'accrochant à des conditions qui rendent l'exécution de tout plan presque impossible.
La journaliste Lisa Rosovsky – dans une analyse publiée par le journal Haaretz – aborde l'impasse à laquelle le "Conseil de paix" est aujourd'hui confronté, affirmant qu'il se trouve devant 3 options pour commencer le processus de reconstruction, mais que le gouvernement israélien les bloque toutes.
Selon l'analyse, les trois parcours sont les suivants :
Parcours 1 : Construire des camps de réfugiés à Rafah dans le cadre d'un projet expérimental sans l'approbation du mouvement de résistance islamique (Hamas) selon l'article 17 de l'accord de paix du président américain Donald Trump.
Parcours 2 : Négocier et attendre l'approbation de Hamas sur un plan progressif de désarmement.
Parcours 3 : Permettre à un "comité technocratique" de gérer le secteur sur la base d'accords partiels avec Hamas, mais sans garanties pour le désarmement.
Rosovsky met en garde que l'échec de ces parcours signifiera que les habitants de Gaza entreront dans un quatrième hiver dans des tentes manquant des éléments de base de la vie, répétant les tragédies que les habitants de Gaza ont connues ces dernières années.
Voici en détail comment Israël sape toutes les solutions - selon l'analyse - ainsi qu'un résumé des trois parcours.
L'obstacle israélien
Bien que les parcours soient multiples, l'obstacle est unique : c'est le gouvernement israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui se retrouve coincé entre satisfaire les Israéliens localement et le risque d'essoufflement de Washington sur le plan international, selon l'écrivaine.
D'une part, Netanyahu - alors que les élections approchent - refuse d'accepter des mesures qu'il a auparavant qualifiées de capitulation face à Hamas, notamment après des rapports évoquant la volonté de l'administration américaine de renoncer à la condition de désarmement du mouvement comme préalable à la reconstruction.
D'autre part, la Maison Blanche pousse les choses dans une direction différente. À cet égard, l'écrivaine note que le conseiller de l'administration américaine et responsable du dossier Gaza au "Conseil de paix" Ariyeh Lightstone a envoyé il y a quelques semaines un message à Netanyahu contenant des demandes opérationnelles pour faciliter la reconstruction.
Parmi ces demandes - selon ce que Haaretz rapporte de ses sources - figurait l'élargissement de la portée de l'entrée de l'aide humanitaire et la permission d'entrée de maisons préfabriquées, de carburant, de panneaux solaires et de matériel médical, en plus de l'approbation de l'entrée des forces internationales de stabilisation et du comité national pour gérer Gaza à Rafah pour réaliser le projet expérimental, mais sans approbation israélienne jusqu'à présent.
Premièrement : parcours d'exclusion de Hamas
L'écrivaine élargit son analyse en examinant le premier parcours, notant qu'il repose sur l'article 17 du plan de paix qui prévoit la création d'une zone humanitaire à Rafah gérée en dehors du contrôle de Hamas si le mouvement continue de refuser le plan.
Dans ce contexte, elle fait référence aux réunions tenues à Chypre avec la participation de responsables américains, de membres du Conseil de paix et de représentants du comité technocratique qui ont discuté des détails d'exécution de ce parcours sans parvenir à un accord final en raison de l'absence de l'approbation israélienne en priorité.
Cependant, l'écrivaine évoque un autre facteur, à savoir la volonté de certains de donner une chance supplémentaire aux négociations avec Hamas.
L'analyse fait ici référence à un conflit qui a émergé au sein même du Conseil de paix, entre ceux qui poussent pour une mise en œuvre rapide du projet et ceux qui craignent que passer outre Hamas ne compromette les chances d'un accord avec lui, surtout après que le mouvement a manifesté sa disposition à discuter du principe du désarmement de manière graduelle.
Deuxièmement : parcours de travail avec Hamas
Quant aux deuxièmes et troisièmes parcours, ils mènent à un règlement négocié avec Hamas sous la médiation égyptienne, avec une possibilité d'aboutir à une administration de transition via un comité technocratique.
La progression de ce parcours - selon l'analyse - est facilitée par la déclaration de démission du comité d'urgence gouvernemental affilié à Hamas en préparation du transfert de ses compétences au comité national pour gérer Gaza.
Malgré le caractère symbolique de cette décision - selon les mots de l'écrivaine - elle reflète un certain degré de flexibilité au sein du mouvement et une volonté de s'engager dans les arrangements des phases à venir, notamment face aux pressions exercées par les médiateurs et aux messages qui suggèrent qu'il pourrait être possible de poursuivre le plan même sans son approbation selon l'article 17.
L'analyse rapporte de sources éclairées que le mouvement a effectivement accepté 13 des 15 points du document-cadre proposé, tandis que deux points clés demeurent en désaccord, le premier portant sur le désarmement et le second sur l'avenir des employés et des appareils de sécurité affiliés à Hamas et les modalités de leur intégration ou de leur indemnisation.
Un plan bloqué au milieu
Après cela, l'écrivaine passe à démêler les raisons du blocage du projet expérimental sur le terrain. Le plan de création d'une zone humanitaire à Rafah nécessite un retrait limité des forces israéliennes derrière la ligne jaune, et l'entrée d'une force de stabilisation, ainsi que des éléments relevant du comité technocratique.
Cependant, l'écrivaine souligne que ce plan manque encore de mécanismes clairs pour organiser le mouvement des populations et gérer la zone, de plus, son exécution dépend entièrement de l'approbation israélienne, qui n'a pas encore signé d'accord permettant le déploiement des forces nécessaires à l'établissement de la force internationale, ce qui lui confère un pouvoir réel de bloquer ou de retarder le projet.
A contrario, l'écrivaine estime que le parcours de négociation rencontre un obstacle politique tout aussi complexe, car Hamas conditionne son approbation du désarmement à l'obtention d'un cadre politique menant à la création d'un État palestinien, tandis que l'écrivaine prévoit que la réponse d'Israël à cette condition sera négative bien que le plan Trump lui-même comporte une référence à un horizon politique pour les Palestiniens.
En suivant les deux parcours exécutif et négocié, l'écrivaine conclut que toutes les options se bloquent à un point unique, qui est la position israélienne.
Source : Haaretz
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