Au centre du Maroc.. l'un des points chauds des scorpions venimeux dans le monde
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Au centre du Maroc.. l'un des points chauds des scorpions venimeux dans le monde

SadaNews - Une équipe internationale de scientifiques a trouvé un moyen pratique de déterminer les "points chauds" où certaines des espèces de scorpions venimeux les plus dangereuses au monde pourraient prospérer, afin de prévoir les lieux de danger avant qu'une forte incidence de piqûres ne se produise, en particulier dans les régions tropicales et subtropicales.

Les chercheurs ont basé leur étude sur de longues observations sur le terrain en Afrique, en se concentrant particulièrement sur le centre du Maroc, puis ont intégré ces données avec une modélisation informatique qui prédit où se trouvent les espèces dangereuses et quels facteurs les incitent à s'installer dans certains environnements plutôt que d'autres. L'idée ici est que le scorpion n'est pas présent de manière "aléatoire", mais suit des conditions environnementales spécifiques qui peuvent être observées et mesurées.

Environnements spécifiques

L'analyse a montré un modèle remarquable, car le type de sol était le facteur le plus influent dans la détermination des lieux de présence de la plupart des scorpions, tandis que la chaleur - que ce soit sa moyenne ou la variation entre les saisons - a joué un rôle crucial dans la distribution de certaines espèces très toxiques.

Cependant, l'étude, publiée par les scientifiques dans la revue "Environmental Research Communications", souligne un point important : les scorpions nécessitent des conditions environnementales précises ; par conséquent, leurs zones de danger sont localisées et concentrées, ce qui est important pour la planification sanitaire car le danger peut être sévère dans de petites zones au lieu d'être uniformément réparti.

L'étude a été réalisée en partenariat entre l'Université de Galway en Irlande et l'Université Ibn Zohr au Maroc, avec la participation de chercheurs expérimentés et de doctorants, et s'est concentrée sur le centre du Maroc car cela le considère comme l'un des points les plus chauds pour les piqûres de scorpion au monde, visant à orienter la prévention et à développer de meilleurs outils diagnostiques et des sérums antivenimeux plus adaptés.

L'avantage sanitaire direct est évident, car lorsque les autorités sanitaires peuvent identifier "où" il est prévu que les scorpions les plus dangereux apparaissent, elles peuvent cibler les campagnes de sensibilisation avec précision, former le personnel médical dans les zones à risque élevé, et accroître le niveau de prévention communautaire, en particulier pour protéger les enfants qui représentent le groupe le plus vulnérable face aux poisons mortels.

Une crise de santé publique silencieuse

L'étude place le problème dans son cadre mondial, où les piqûres de scorpions représentent une crise de santé publique silencieuse ; plus de deux millions de personnes sont piquées chaque année. La plupart des piqûres causent douleur et gonflement, mais certaines espèces peuvent entraîner des maladies graves et des décès, avec un nombre de décès d'enfants dans le monde estimé à plus de 3000 par an.

Bien qu'il existe des sérums antivenimeux pour certaines espèces, le problème récurrent du traitement est que les équipes médicales peuvent avoir du mal à identifier rapidement l'espèce responsable, ce qui entrave la prise de décision quant au traitement optimal en temps opportun.

C'est pourquoi les chercheurs ont utilisé un outil de modélisation appelé maximum d'entropie (MaxEnt) pour cartographier les probabilités de présence en fonction des données environnementales mondialement disponibles sur le sol, la chaleur et les facteurs d'habitat.

Plus important encore, le modèle ne se limite pas au Maroc, puisqu'il repose sur des données environnementales mondiales, ce qui permet de l'appliquer dans d'autres régions où les enregistrements détaillés des espèces de scorpions sont limités, contribuant à identifier des "zones de risque potentielles" dans certaines parties des régions tropicales du monde, de l'Amérique latine au Moyen-Orient et à l'Inde, et ainsi convertir les connaissances environnementales en politiques de santé concrètes qui réduisent le fardeau humain des piqûres.

Source : sites web