Un écrivain israélien avertit : Tel Aviv n'est pas une puissance régionale et l'arrogance peut la conduire à sa perte
Dernières actualités

Un écrivain israélien avertit : Tel Aviv n'est pas une puissance régionale et l'arrogance peut la conduire à sa perte

SadaNews : L'écrivain israélien Efraim Anbar a averti que le sentiment excessif de confiance après la guerre récente contre Iran et le Hezbollah libanais pourrait conduire Tel Aviv à commettre des erreurs stratégiques fatales, affirmant qu'Israël n'est pas une puissance régionale et ne peut pas changer la carte du Moyen-Orient comme certains politiciens le prétendent.

L'écrivain a expliqué dans un article publié par le journal "News 12" israélien que les succès militaires réalisés par Israël depuis le 7 octobre - en particulier en ciblant les installations nucléaires iraniennes et en affaiblissant le Hezbollah - ont généré des illusions selon lesquelles Tel Aviv avait atteint le statut de "puissance régionale".

Certaines voix au sein de l'institution politique et militaire, poursuit l'écrivain, ont commencé à parler de "changement de la carte du Moyen-Orient".

Anbar a comparé cette euphorie à ce qui s'est passé après la guerre de 1967, lorsque la confiance excessive a conduit Israël à la défaite de 1973. La source de ces illusions est un mélange d'euphorie du pouvoir, d'une lecture exagérée des résultats des batailles, et d'un malentendu de la réalité stratégique fondamentale d'Israël.

L'écrivain a affirmé qu'en dépit des frappes subies par le projet nucléaire iranien et de la mort de certains de ses scientifiques, Téhéran n'a pas abandonné son rêve nucléaire et pourrait reprendre son programme, voire attaquer à nouveau Israël si le régime reste en place.

Il a poursuivi en disant que le Hezbollah, bien qu'affaibli, demeure une force militaire influente au Liban, et que la classe politique là-bas pourrait ne pas oser désarmer le groupe, ce qui signifie que la menace persiste.

Concernant la Syrie, l'écrivain estime que la chute du régime de Bachar al-Assad a permis à Israël de renforcer son influence militaire en Syrie et d'ouvrir la voie vers l'Iran, mais cela a également ouvert la porte à la Turquie, ce qui pourrait créer un point d'impact direct entre Israël et la Turquie sur le sol syrien.

Les décideurs en Israël doivent adopter une approche plus réaliste fondée sur la prudence et l'humilité, loin des illusions qui présentent Israël comme une grande puissance régionale.

Anbar a affirmé que la guerre à Gaza n'est pas encore terminée, car une partie du territoire est toujours sous le contrôle du Hamas, ce qui constitue une "victoire symbolique" pour la résistance qui renforce ses ambitions d'épuiser Israël.

Il a ajouté que la poursuite de la détention des prisonniers israéliens affaiblit l'image de la dissuasion, tandis que la performance de l'armée israélienne a montré de l'hésitation et de la confusion dans la résolution de la bataille.

L'écrivain israélien a averti que Gaza – et non l'Iran ou le Liban – est celle qui déterminera finalement l'image de la victoire ou de la défaite, et que la présence du Hamas dans le tableau constitue un danger stratégique à long terme.

Israël est un petit pays

L'écrivain a rappelé qu'Israël est en fin de compte un petit pays, que ce soit en termes de ressources humaines nécessaires à l'armée ou du point de vue économique, puisqu'il ne peut pas compter sur l'autosuffisance dans un monde économiquement interconnecté.

Il a expliqué que sa grande dépendance à l'égard de l'aide américaine la rend vulnérable aux changements politiques à Washington.

Il estime que la force d'Israël ne se mesure pas seulement à sa capacité militaire et technologique, mais aussi à la solidité de son front intérieur, en référence aux profondes divisions qu'a connues la société israélienne ces dernières années.

Anbar a réaffirmé que les décideurs en Israël doivent adopter une approche plus réaliste fondée sur la prudence et l'humilité, loin des illusions qui présentent Israël comme une grande puissance régionale.