
Conséquences de l'accord commercial entre les États-Unis et l'Union européenne : qui gagnera et qui perdra ?
Économie SadaNews - Lors d'une annonce décrite comme historique, le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont annoncé hier dimanche avoir conclu ce qu'ils considèrent comme "le plus grand accord commercial de tous les temps", lors d'une réunion sur le terrain de golf de Trump en Écosse.
Bien que l'accord soit encore à un stade préliminaire et n'ait pas encore été définitivement signé, ses conséquences commencent déjà à se faire sentir sur les marchés financiers et divers secteurs économiques, suscitant un large débat sur les parties qui récolteront les fruits et celles qui pourraient subir des pertes, selon ce qu'a rapporté la chaîne "BBC".
Cette annonce est considérée comme un grand succès pour le président américain, qui a toujours promis de redéfinir les relations commerciales de son pays avec ses partenaires internationaux.
Selon une analyse de la société "Capital Economics", l'Union européenne pourrait faire face à une contraction de son produit intérieur brut de 0,5 % en raison de cet accord, ce qui reflète l'ampleur des concessions faites par les Européens en échange d'une réduction des droits de douane.
Les rapports prédisent également que l'accord pourrait injecter environ 90 milliards de dollars dans les caisses américaines grâce aux recettes des droits d'importation sur les produits européens, se basant sur les chiffres commerciaux entre les deux parties l'année dernière, selon "BBC".
Cependant, ce gain pourrait ne pas durer longtemps, car des données économiques américaines cruciales concernant l'inflation, l'emploi et la confiance des consommateurs sont attendues cette semaine, et pourraient montrer l'efficacité de la politique protectionniste de Trump.
Le consommateur américain : perte directe
En revanche, le citoyen américain semble être le plus grand perdant à court terme. Bien que le nouveau tarif douanier sur les biens européens n'ait pas atteint le maximum prévu (30 %), l'imposition d'une taxe de 15 % reste un fardeau important.
Ces taxes se traduisent -selon "BBC"- directement par une augmentation des prix des produits importés, aggravant la crise du coût de la vie que subissent les Américains depuis le retour de Trump à la Maison Blanche.
"BBC" a également précisé que les entreprises américaines qui importent des marchandises de l'Union européenne absorberont d'abord ces coûts, mais elles passeront probablement ce fardeau aux consommateurs finaux, ce qui augmentera le coût de la vie quotidienne pour des millions de familles.
Les entreprises automobiles : paradoxe double
L'un des secteurs les plus touchés est le secteur automobile, puisque l'Amérique a réduit les droits de douane sur les importations de voitures européennes de 27,5 % à 15 %, soulageant ainsi la pression directe sur les entreprises allemandes telles que "Volkswagen", "BMW" et "Mercedes", mais cela n'annule pas complètement l'effet des tarifs.
L'association des fabricants automobiles allemands "VDA" a averti que les nouveaux tarifs coûteront au secteur "des milliards de dollars par an".
Les entreprises automobiles américaines ont reçu un soutien moral grâce à la réduction par l'Union européenne des droits sur les voitures américaines de 10 % à 2,5 %.
Mais ici se présente le paradoxe, beaucoup de voitures américaines sont assemblées au Canada et au Mexique, ce qui les soumet à des droits de 25 % sur le marché américain, soit plus que ceux appliqués sur les voitures européennes. Cela signifie que les producteurs locaux pourraient se retrouver menacés par une concurrence déloyale.
Le marché de l'énergie américain : le plus grand gagnant
Une partie essentielle de l'accord comprend un engagement européen d'acheter de l'énergie américaine d'une valeur de 750 milliards de dollars, en plus d'investissements de 600 milliards de dollars dans plusieurs secteurs, notamment l'équipement militaire et l'énergie nucléaire, selon des déclarations de Trump et von der Leyen aux médias.
Von der Leyen a déclaré : "Nous remplacerons le gaz et le pétrole russes par d'importantes importations de gaz naturel américain liquéfié, de pétrole et de combustible nucléaire". Cette démarche renforce le lien entre la sécurité énergétique européenne et les États-Unis, alors que l'on s'éloigne de plus en plus de la dépendance envers l'énergie russe depuis la guerre en Ukraine.
Choc dans le secteur pharmaceutique européen
L'un des dossiers les plus controversés de l'accord est celui des industries pharmaceutiques, alors que Trump a déclaré que les médicaments européens n'étaient pas inclus dans l'accord, von der Leyen a affirmé le contraire, ce qui a provoqué un dérangement nuisible aux entreprises pharmaceutiques européennes qui espéraient un allègement total des droits.
L'importance de ce secteur réside dans sa forte dépendance au marché américain, comme dans le cas du médicament "Ozempic" pour traiter le diabète de type 2, produit par une entreprise danoise et vendu massivement en Amérique.
En Irlande, les critiques politiques ont monté en puissance en raison des impacts potentiels de l'accord sur le secteur pharmaceutique local.
Le marché aérien : un commerce sans friction
Dans une tentative d'apaiser les tensions, les deux parties ont convenu d'exclure certains produits stratégiques des droits de douane, tels que les avions, les pièces de rechange et certaines matières chimiques et agricoles.
Von der Leyen a indiqué que "l'Union européenne continue de rechercher d'autres accords d'exemption réciproque, notamment dans les secteurs du vin et des spiritueux".
Cette décision devrait faciliter les échanges commerciaux entre les deux plus grandes entités économiques du monde, sans les complexités douanières sur certains biens.
Union européenne : lourdes concessions et fractures internes
Bien que l'accord soit considéré comme un succès diplomatique en soi -comme le dit "BBC"- l'Union européenne a été contrainte de faire de lourdes concessions. L'Amérique a maintenu des droits élevés (50 %) sur les exportations d'acier et d'aluminium européennes, et la réduction des droits de douane a été inférieure à ce que Bruxelles espérait.
On a noté une montée des critiques au sein du bloc européen, notamment en France et en Hongrie, le Premier ministre français François Bayrou ayant qualifié le jour de l'accord de "sombre pour l'alliance des peuples libres", tandis que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a déclaré que "Trump a dévoré von der Leyen pour le petit déjeuner", exprimant ainsi le mécontentement européen quant au résultat des négociations.
Malgré ces divisions, la présidente de la Commission a estimé que l'accord permet d'éviter à l'Europe une guerre commerciale insupportable dans un contexte économique stagnant, soulignant qu'il "contribue à rendre les relations commerciales plus durables", selon ses mots lors d'une conférence de presse après l'annonce.
Les marchés mondiaux : réaction immédiate
Les marchés boursiers en Asie et en Europe ont immédiatement augmenté après l'annonce de l'accord, les institutions financières y voyant "un accord ami des marchés", selon l'analyste des marchés Chris Weston de la société australienne "Pepperstone", qui a souligné que "l'accord offre clarté et stabilité aux investisseurs, et renforce l'euro à court terme".
Cet accord intervient après des semaines d'escalade américaine, lorsque l'administration Trump a imposé en avril ce qui a été appelé "les droits du jour de la libération" d'un montant de 30 % sur les exportations de l'Union européenne.
Depuis lors, Bruxelles a cherché à neutraliser l'escalade par des négociations complexes, motivées par des inquiétudes économiques et sécuritaires, particulièrement avec l'augmentation de la dépendance européenne à la protection américaine dans le contexte de la crise en Ukraine.
Des anciens négociateurs de l'Union européenne, comme John Clarke, ont averti que "l'Union était dans une position faible et n'avait d'autre choix que d'accepter", ajoutant que "ce qui s'est passé est un mauvais jour pour le commerce international, mais cela aurait pu être pire".

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