De la Palestine à Genève : Gouvernance de l'intelligence artificielle et redéfinition de la justice numérique dans le nouvel ordre mondial garantissant la participation au service du peuple palestinien
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De la Palestine à Genève : Gouvernance de l'intelligence artificielle et redéfinition de la justice numérique dans le nouvel ordre mondial garantissant la participation au service du peuple palestinien

Le monde connaît aujourd'hui un moment de transformation structurelle sans précédent, qui ne se limite pas à l'évolution technologique des systèmes d'intelligence artificielle, mais s'étend à la reconfiguration même de la structure du pouvoir cognitif. Alors que la communauté internationale discute à Genève, dans le cadre du dialogue mondial des Nations Unies sur la gouvernance de l'IA, de l'avenir de cette technologie, nous discutons en réalité de l'avenir de l'ordre cognitif mondial, de qui a le pouvoir de lproduire, de le diriger et de contrôler ses flux.

La résolution des Nations Unies 79/325 n'était pas simplement un mandat pour créer une plateforme de dialogue, mais reconnaissait que l'intelligence artificielle était devenue une question de gouvernance mondiale multidimensionnelle, où la technologie croise le droit international des droits de l'homme, le développement durable, la souveraineté numérique et la justice économique.

Du point de vue de la Palestine, ce débat ne peut être dissocié d'une question centrale :
Qui a le droit de représenter la mémoire, les données et le récit dans l'espace numérique mondial ?

L'intelligence artificielle est désormais un système de production de sens, et non pas simplement un outil de traitement des données. Elle repose sur des modèles de langage étendus, des infrastructures de données d'entraînement et des algorithmes de classement et de recommandation, qui forment ensemble ce que l'on peut appeler l'architecture épistémique numérique.

Dans ce contexte, la question palestinienne émerge non seulement comme une question politique mais aussi comme une question de souveraineté des données et des récits.

L'absence de représentation équitable du récit palestinien dans les bases de données mondiales, ou son biais dans les modèles multilingues, conduit à ce que l'on peut décrire comme un biais de perception algorithmique, où les systèmes intelligents ne reflètent pas la réalité comme elle est, mais comme ils ont été entraînés à la voir.

Ainsi, la construction d'un cadre national de gouvernance des données n'est plus une option technique, mais une nécessité stratégique liée directement à la souveraineté numérique. Cela inclut le développement de :

Infrastructures nationales de données

Répertoires de données fiables et multidisciplinaires

Normes de qualité et de représentation des données

Politiques de protection des données et de confidentialité

Le monde est également confronté aujourd'hui à un autre défi structurel, qui est le fossé numérique, qui reproduit les inégalités mondiales d'accès aux capacités d'entraînement informatique, aux infrastructures cloud et aux modèles avancés. Ce fossé n'est pas moins grave que le fossé numérique traditionnel, mais représente une couche plus profonde d'inégalité dans l'économie de l'intelligence artificielle.

En revanche, les références internationales modernes, y compris le Pacte numérique mondial et la Recommandation de l'UNESCO sur l'éthique de l'intelligence artificielle, soulignent des principes centraux qui incluent :

Intelligence artificielle axée sur les droits de l'homme

Transparence et responsabilité algorithmique

Gouvernance humaine active

Justice et non-discrimination

Inclusion numérique et accessibilité par conception

À travers une expérience personnelle prolongée face à des défis de santé précoce, je ne traite pas le concept de "capacité" comme une condition fixe, mais comme un espace pouvant être reconfiguré par la connaissance, la technologie et les politiques publiques. Mes victoires successives avec le Prix WSIS ont confirmé que l'innovation palestinienne est capable de s'intégrer dans des plateformes mondiales lorsqu'elle dispose d'un environnement juste pour l'autonomisation et l'accès.

Mais le vrai défi ne réside pas dans des histoires de succès individuelles, mais dans la construction d'un écosystème national d'innovation en intelligence artificielle, qui repose sur l'intégration entre :

Politiques publiques

Recherche et développement

Infrastructures numériques

Entrepreneuriat technologique

Gouvernance éthique

L'avenir de l'intelligence artificielle n'est plus seulement façonné dans les laboratoires ou les grandes entreprises technologiques, mais aussi dans les espaces de gouvernance internationale qui déterminent les règles du fonctionnement, les limites de l'utilisation, les normes de sécurité et les principes de responsabilité.

Ainsi, le concept d'intelligence artificielle sécurisée et fiable n'est plus un slogan technique, mais est devenu un cadre juridique et éthique mondial qui comprend :

Gestion des risques

Évaluations d'impact algorithmique

Transparence vérifiable

Protection des droits fondamentaux dans les environnements numériques

La Palestine, dans ce contexte, ne voit pas l'intelligence artificielle comme un outil externe, mais comme un espace qui doit faire partie de sa construction cognitive. Le récit palestinien d'aujourd'hui n'est pas seulement dans les livres ou les médias, mais dans les données, les modèles, les algorithmes et les systèmes intelligents qui produisent la connaissance à l'échelle mondiale.

Ainsi, la participation palestinienne à ce dialogue mondial n'est pas une présence symbolique, mais une contribution à la redéfinition de la justice numérique au niveau international, garantissant que la technologie ne se transforme pas en un outil de reproduction de la marginalisation, mais en un moyen de redéfinir les opportunités.

Le monde se trouve aujourd'hui à un moment fondateur pour un nouveau contrat social numérique, redéfinissant la relation entre l'homme et la technologie sur la base de la dignité, de l'égalité, de la transparence et de la diversité.

En conclusion, toute approche de la gouvernance de l'intelligence artificielle qui ignore les inégalités structurelles d'accès aux données, aux capacités informatiques et à la représentation des récits nationaux n'est qu'une reproduction de formes de pouvoir inégales sous un nouveau manteau technologique. Le monde n'est pas seulement confronté à un défi pour développer une intelligence artificielle plus avancée, mais fait face à un test crucial sur sa capacité à transformer cette avancée en un système mondial plus juste et équitable. L'intelligence artificielle peut soit devenir un point de basculement vers une démocratie de la connaissance, soit se transformer en un outil qui approfondit son monopole. Entre ces deux voies, la véracité de la communauté internationale sera mesurée non par les principes qu'elle affiche, mais par la justice qu'elle garantit effectivement en matière de données, de représentation dans les algorithmes et d'égalité des opportunités numériques pour tous les peuples sans exception.

 

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.