La guillotine "Ben Gvir": quand la vengeance se transforme en loi et en légitimation du meurtre
Articles

La guillotine "Ben Gvir": quand la vengeance se transforme en loi et en légitimation du meurtre

Aujourd'hui, les profondes transformations dans la structure législative et politique de l'État disloqué israélien se manifestent, montrant avec précision comment la vengeance se transforme d'un simple discours d'incitation lors des manifestations et des campagnes électorales en un outil légal consacré et institutionnalisé.

Après l'adoption de la loi sur l'exécution des prisonniers palestiniens, nous entendrons bientôt ceux qui l'ont promulguée au sein du gouvernement israélien évoquer l'élaboration de listes et la désignation de noms, et peut-être même une date de célébration. C'est ainsi que réfléchissent ceux qui ont conçu cette législation : transformer les prisonniers en simples noms sur des listes de meurtre dirigées par Itamar Ben Gvir et un groupe de fascistes à la Knesset.

Nous faisons face à une scène qui révèle la mentalité derrière ce parcours ; quand les prisonniers deviennent des numéros sur des listes de mort, il devient clair que le législateur pense à l'avance à ses victimes, cherchant à transformer la vengeance politique en textes légaux contraignants. Cette tendance représente une institutionnalisation claire du meurtre et un embellissement du crime ; l'occupation ne se contente plus de l'exécution sur le terrain qu'elle a historiquement pratiquée dans l'ombre des opérations militaires, mais cherche aujourd'hui à organiser une "célébration" légale qui accorde au tueur une immunité totale devant son public extrémiste.

La peine de mort est en contradiction avec la sacralité de la vie et la dignité humaine, et est considérée par les organisations de défense des droits de l'homme comme une peine cruelle et contraire à la Convention contre la torture. À un moment où le monde s'oriente vers son abolition ou sa suspension en raison de ses effets néfastes et de son rôle dans l'alimentation des cercles de violence, Israël choisit la chute morale et légale en adoptant une peine rejetée par la plupart des sociétés modernes, supprimant ainsi son dernier masque de "démocratie" qu'elle a longtemps tenté de promouvoir.

Contrairement aux allégations de dissuasion promues par le législateur israélien, cette peine ne prévient pas les opérations, mais ouvre la voie à une escalade dangereuse qui pourrait conduire à l'exécution de meurtres collectifs contre les prisonniers palestiniens.
La vérité historique dit que l'État d'occupation pratique effectivement l'exécution depuis des décennies par divers moyens en dehors du cadre légal ; à travers des milliers d'assassinats, de tirs d'élite, et de tirs aléatoires sur des civils et des détenus. La nouveauté aujourd'hui n'est pas l'acte de "meurtre" en soi, mais la tentative de lui donner une légitimité légale.

Le plus grand danger de cette loi réside dans son application rétroactive, établissant un précédent légal et une violation flagrante des principes établis qui imposent que les lois pénales s'appliquent uniquement avec effet immédiat.

Cette disposition ouvre la porte à l'émission de sentences d'exécution collectives contre des centaines de prisonniers, en particulier ceux qui ont été arrêtés depuis le 7 octobre 2023 ; faisant de la loi une guillotine prête à éliminer les éléments de résistance pour satisfaire des vengeances politiques.

Cette législation consacre une discrimination raciale flagrante ; son application se limite aux Palestiniens sans inclure aucun Israélien qui tuerait un Palestinien. Cette ségrégation raciale souligne que la loi ne cible pas le crime, mais l'identité et l'ethnicité, violant le principe d'égalité basé sur des classifications raciales interdites internationalement.
De plus, l'application de la loi israélienne interne aux habitants de la Cisjordanie et de Gaza constitue une violation claire du droit international et de la Quatrième Convention de Genève ; la Knesset n'a, selon la Convention de La Haye, aucune autorité pour légiférer sur les populations vivant sous occupation.

Ce que nous voyons aujourd'hui est la direction menée par le ministre Itamar Ben Gvir et ses alliés de la droite fasciste sur un chemin qui transforme les prisons en arènes pour régler des comptes politiques. Cette loi est le dernier clou dans le cercueil de ce que l'on appelle le système judiciaire israélien, marquant sa transformation complète en un bras exécutif de l'idéologie de purification ethnique et de meurtre délibéré de sang-froid.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.