Vers une constitution effective pour la résistance.. et non une autre farce
Ce qui confronte le peuple palestinien aujourd'hui n'est pas seulement la brutalité de l'agression, mais aussi l'érosion de la capacité nationale à organiser la résistance et à la transformer en projet de relèvement. Nous sommes à un moment où l'équilibre des forces et l'équilibre du sens sont tous deux perturbés : lorsque l'accusé de crimes d'extermination devient co-partenaire dans la détermination du sort de ses victimes, et lorsque les « aides » se transforment en instruments de contrôle politique plutôt qu'en moyens de restauration de la dignité et de la souveraineté.
En Cisjordanie, l'absorption des terres s'accélère, et la réalité de l'État des colons se consolide sous la protection de l'armée d'occupation, tandis que le décideur à Tel-Aviv hésite entre deux choix : démanteler l'Autorité d'un seul coup ou la maintenir faible et épuisée, accomplissant ses fonctions de sécurité et d'administration en attendant que le démantèlement de la question nationale soit mené à bien lentement. Dans les deux options, il n'y a pas de place pour une autorité avec un contenu national souverain, mais pour une fonction temporaire dans un système permanent de dépendance.
Quant à Gaza, le paradoxe moral est encore plus flagrant : Israël, accusé de crimes d'extermination devant des tribunaux internationaux, se retrouve en position de déterminer le trajet et le sort du secteur. Il contrôle les points de passage, régule l'aide humanitaire, et décide du rythme de la reconstruction, tandis qu'il est demandé aux Palestiniens d'accepter une administration sous le contrôle israélien direct ou indirect.
C'est ici que se manifeste ce que l'on peut appeler les « miettes des arrangements administratifs » que Washington offre à l'Autorité. Il ne s'agit pas d'un véritable pouvoir politique, ni de contrôle des points de passage, ni d'une décision indépendante concernant la reconstruction ou la sécurité, mais de rôles de coordination limités récupérés par le biais des canaux du « Bureau de liaison de Mladinov », qui ne sont qu'une façade administrative sans souveraineté, et d'un rôle symbolique accordé pour dire que « l'Autorité est présente », tandis que la décision réelle reste entre les mains de l'occupation.
Ce n'est pas une solution transitoire, mais une reproduction d'une fonction intermédiaire entre l'occupation et la communauté internationale, gérée sous le intitulé de « stabilité », alors que cette stabilité est dépouillée de sa condition morale : la justice.
Plus grave encore, cette scène s'accompagne d'un silence arabe et islamique qui frôle le complot passif. Personne n'annonce explicitement d'acceptation d'Israël dans un siège déterminant le sort de Gaza, mais personne ne met son poids politique pour empêcher cela. Les calculs régionaux, les équilibres des alliances, et la peur de heurter Washington font que de nombreuses capitales se contentent d'un soutien humanitaire limité qui n'atteint pas le cœur de l'équation politique.
Et après quatre mois de cessez-le-feu, le meurtre en série ne s'est pas arrêté, et rien d'approprié à la dignité des êtres humains sortis de l'extermination et des décombres n'est entré à Gaza. Pas d'aide suffisante, ni une seule maison mobile rétablissant le minimum de stabilité. Comme si la punition collective continuait avec d'autres outils, et comme si la reconstruction était utilisée comme un moyen de chantage politique plutôt qu'un véritable droit humain.
La crise la plus profonde : vendre de l'illusion au lieu de construire la force
Dans ce contexte, la direction dominante continue de parier sur des changements internationaux et régionaux qui n'ont pas bougé d'un pouce face au piratage des fonds, ni face à l'accélération de la colonisation, ni face à la reconfiguration de Gaza sous tutelle. Le discours de l'attente est reproduit, comme si les transformations extérieures allaient accomplir ce que nous avons été incapables de construire en interne.
Mais parier sur l'extérieur, dans un contexte d'équilibre des forces perturbé, n'est pas une stratégie, mais une habitude politique. Et c'est encore pire lorsque cela s'accompagne d'une politique d'exclusion des forces vives de la société à un moment qui nécessite les plus hauts niveaux de partenariat national.
La crise ne réside pas seulement dans la perte de la terre, mais dans la fragmentation de la représentation. Lorsque la décision nationale se réduit à un cercle restreint, le système politique perd sa capacité à résister et devient plus vulnérable à la pression et à la récupération. La question n'est plus qui gouverne Gaza ? mais comment préserver la survie d'un peuple et empêcher l'élimination de sa cause ?
Vers une constitution effective pour la résistance
Ce qui est requis aujourd'hui n'est pas une déclaration supplémentaire, ni un compromis technique, mais une charte éthique politique qui redéfinisse les priorités sur la base de la dignité et non de la fonction, conformément aux priorités suivantes :
Premièrement : Priorité à la dignité sur le rôle formel
Toute acceptation d'un rôle administratif sans souveraineté à Gaza, sous le contrôle israélien, consacre la fragmentation de la patrie plutôt que de constituer une voie pour son unification, de plus, ce rôle n'a aucun sens s'il n'atteint pas l'assistance et la reconstruction et ne sauve pas des vies.
Deuxièmement : Réinventer la représentation sur la base du partenariat
On ne peut pas faire face à un projet de substitution avec une mentalité monopolistique sur la décision. Un cadre national inclusif, même transitoire, est requis, regroupant les forces politiques et sociales, s'appuyant sur un programme minimal : lever le blocus, protéger la terre, gérer la reconstruction de manière transparente, et préparer le renouvellement de la légitimité par des élections générales.
Troisièmement : Transformer la résistance d'une réaction vers une politique
La résistance n'est pas une attente héroïque sous le feu, mais l'organisation de la société, le soutien aux villages menacés, le renforcement de l'économie locale, et la construction de réseaux d'entraide indépendants des caprices des donateurs.
Quatrièmement : Séparer l'aide de l'extorsion
La reconstruction de Gaza est un droit non négociable, et elle doit être gérée par un mécanisme national professionnel et transparent qui empêche la transformation de la souffrance en outil de pression.
Cinquiemement : Déplacer le centre de gravité vers l'intérieur
L'équilibre des forces commence par la société : les syndicats, les universités, les forces économiques nationales, la diaspora, et les mouvements populaires. Lorsque cette masse se transforme en une force de pression organisée, une réconstruction de la maison politique peut être imposée.
Sixièmement : Résistance populaire
Libérer le peuple pour se défendre et revendiquer son droit à exister. C'est non seulement une phrase à dire mais une stratégie d'action qui reconstruit la situation palestinienne à partir de sa fonction essentielle, qui est de renforcer la capacité des gens à résister.
L'espoir dans l'expérience palestinienne n'est pas une réaction passagère ni un discours rhétorique, mais la capacité d'un peuple à reprendre l'initiative lorsque les choix se restreignent. Les nations ne sont pas sauvées par des vœux, mais par leur prise de conscience d'elles-mêmes, leur confiance en leur force latente, et leur capacité à réorganiser leur maison interne chaque fois que les tempêtes deviennent plus violentes.
Il est vrai qu'Israël parie sur la décomposition de notre structure nationale, et qu'une partie du monde parie sur l'épuisement de notre volonté jusqu'à l'épuisement, mais l'histoire nous enseigne que les peuples qui saisissent le sens de leur unité grâce à une lecture révolutionnaire raisonnée ne s'épuisent pas, mais se renouvellent. Et le véritable danger ne réside pas seulement dans les pressions extérieures, mais dans notre acceptation de redéfinir l'incapacité comme étant de la « réalisme », ou de remplacer le projet de libération par une gestion permanente de la dépendance.
La quête d'une constitution effective pour la résistance ne signifie pas ajouter un document à l'archive, mais restaurer la politique à son sens concret, en tant qu'expression libre de la volonté collective, non en tant que fonction soumise aux conditions des autres. Cela implique de reconstruire la représentation nationale sur la base du partenariat, de la légitimité et de la dignité, de manière à ce que la décision nationale soit le fruit d'une confiance mutuelle entre le leadership et le peuple, et non un reflet des équilibres des pressions extérieures.
Nous sommes à un carrefour historique, mais ce n'est pas un destin scellé. Soit nous reconstruisons notre maison politique avec un esprit de révision nationale responsable qui part de la confiance dans le peuple et sa compétence, soit nous laissons notre vide être comblé par des cartes d'autres qui ne reconnaissent pas notre droit à la liberté, au retour, à la détermination du destin et à la souveraineté.
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