La sécurité médiatique entre la sacralité de la vérité et le bruit de l'exclusivité : bataille pour la conscience nationale palestinienne
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La sécurité médiatique entre la sacralité de la vérité et le bruit de l'exclusivité : bataille pour la conscience nationale palestinienne

Le porte-parole de la police palestinienne

En Palestine, la sécurité n’est pas un concept technique neutre, et les médias ne sont pas simplement une profession exercée indépendamment du contexte national ; les deux sont chargés d'une histoire d'épreuves, accablés par une réalité complexe, et engagés dans une bataille ouverte dont le titre est la conscience collective palestinienne. Ainsi, la sécurité médiatique se distingue comme l'un des piliers les plus importants de la résistance sociétale et l'un des champs les plus dangereux de confrontation avec les campagnes de désinformation, à une époque où le mot peut parfois prendre le pas sur l'événement, transformant la nouvelle d'un outil de révélation à un outil de confusion en cas d'abus.

La sécurité médiatique est un concept et un terme relativement nouveaux, souvent mal compris et erronément réduits à la communication sécuritaire, alors que la différence entre les deux est fondamentale et déterminante. La communication sécuritaire est un discours émis par les agences de sécurité et les ministères de l'intérieur, adressé aux citoyens, visant à sensibiliser, apaiser et clarifier les procédures concernant des questions liées à la sécurité publique. En revanche, la sécurité médiatique est une responsabilité nationale globale qui incombe aux institutions médiatiques, aux journalistes et aux créateurs de contenu, les considérant comme la première ligne de défense de la narration nationale et authentique, et les gardiens de la vérité face à la désinformation systématique.

En général, la sécurité médiatique émane d'un profond sentiment d'appartenance nationale et repose en Palestine sur une prise de conscience que la Palestine n'est pas un simple terrain de nouvelles passagères, mais une question centrale exposée à des défis complexes, parmi lesquels figurent la guerre médiatique et psychologique. L'information trompeuse, la rumeur et la nouvelle non vérifiée ne sont pas seulement des erreurs professionnelles, mais peuvent devenir dans le contexte palestinien des outils qui menacent la paix civile, perturbent le front intérieur et servent, sans intention, des récits et des programmes de désinformation.

Dans ce cadre, lutter contre les fausses nouvelles, contrer les rumeurs et révéler la guerre psychologique constitue le cœur de la sécurité médiatique. Combien de nouvelles précipitées ont approfondi la peur, combien d'images tronquées ont enflammé des conflits, et combien d'« exclusivités » ont servi le discours de confusion davantage que la vérité. Ici, l’exclusivité ne retrouve pas sa valeur absolue, mais devient une responsabilité conditionnée par l'équilibre entre la conscience nationale et l'impact sociétal.

Les défis se complexifient encore avec la domination des médias numériques et des réseaux sociaux, où de nombreux pays et sociétés, y compris la Palestine, sont devenus l'un des terrains les plus ciblés par la rumeur, la manipulation de contenu et la diffusion de fausses nouvelles, dans un contexte de presse citoyenne peu disciplinée. Le téléphone mobile est devenu une salle de presse, le post rapide une exclusivité, et le nombre de « j'aime » un critère trompeur de succès, au détriment de la précision, de la vérité et de la responsabilité nationale. Dans ce paysage, la sécurité médiatique devient une nécessité existentielle, non un choix professionnel.

Il est impossible de parler de la sécurité médiatique palestinienne sans faire référence au rôle de l’institution sécuritaire dans sa consolidation, en fournissant une narration honnête, équilibrée et non impulsive, tenant compte de la sensibilité du moment palestinien, et faisant barrage à la rumeur sans exagération ni dissimulation. Le silence prolongé génère un vide, et le vide est comblé par la rumeur, tandis que la parole responsable, au bon moment et bien formulée, protège la société et renforce la confiance.

Cependant, la relation entre le journaliste palestinien et l'homme de sécurité n'a pas toujours été idéale, car certains hommes de sécurité voient le journaliste comme un chercheur d'exclusivité, quelles qu'en soient les conséquences, indifférent à l'impact psychologique et social de la nouvelle dans une société confrontée à des pressions accumulées. En revanche, certains journalistes perçoivent l'homme de sécurité comme un interlocuteur enclin à la censure et aux restrictions, mais l'expérience palestinienne a prouvé que surmonter cette problématique n'est plus un luxe, mais une nécessité nationale, imposée par la sensibilité de la phase et la précision du tableau.

Il est désormais clair que la coordination et l'intégration entre les institutions médiatiques et sécuritaires sont le seul choix capable de protéger le front intérieur palestinien, sans compromettre la liberté de la presse ou le professionnalisme. De plus, l'utilisation optimale des médias par l'institution sécuritaire est un facteur clé pour renforcer la confiance, faire face aux campagnes de désinformation et construire un discours national responsable. Cela indique un changement progressif vers une relation plus proche de la réconciliation professionnelle, fondée sur une compréhension mutuelle des rôles et une intégration des responsabilités.

Dans le cadre du développement du secteur sécuritaire palestinien, les médias jouent un rôle central qui n’est pas moins important que tout développement institutionnel, à condition qu’ils respectent un ensemble de normes professionnelles et éthiques. Parmi celles-ci : obtenir des informations par des moyens légaux sans usurpation ni manipulation, respecter la souveraineté de la loi, y compris en comparaissant devant les tribunaux, tout en s'efforçant de développer les législations médiatiques palestiniennes et en pressant pour la création de tribunaux civils spécialisés dans les affaires de publication. De même, il est essentiel de ne pas perturber la justice et de s'engager à ne pas publier d'informations qui pourraient nuire au cours des affaires et à l’évolution des enquêtes, ce que l'institution sécuritaire a respecté par respect pour la présomption d'innocence et pour préserver la dignité humaine.

À cela s'ajoute le respect de la confidentialité des sources, la vérification de l'exactitude des informations auprès de plusieurs sources fiables, sans privilégier la logique de l'"exclusivité journalistique" par rapport à la vérité. L'exclusivité fondée sur une information incomplète en Palestine peut se transformer en un outil de déchirement interne. Le respect de la vie privée des citoyens, l’engagement aux normes professionnelles et le rejet de la censure arbitraire demeurent des piliers incontournables, sauf en ce qui concerne les questions d'opinion publique et de l'intérêt national supérieur.

En conclusion, la sécurité médiatique n'est pas une restriction à la liberté de la presse, mais un fortifiant contre la dérive dans le chaos de la désinformation. Elle n'est pas un adversaire de l'exclusivité journalistique, mais son régulateur éthique et national. C'est un appel conscient à réorganiser les priorités et une compréhension profonde que la nouvelle, l'exclusivité, et les « j'aime » n'ont pas de valeur si elles ne sont pas mobilisées pour protéger l'homme, préserver la paix civile, et défendre la narration nationale. Dans le contexte palestinien, les médias ne sont pas seulement une profession, mais une position, et la parole n’y est pas neutre, mais une responsabilité historique et nationale.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.