La désinformation médiatique… Quand les mensonges se parent de la vérité
Le porte-parole de la police palestinienne
À une époque où les nouvelles se propagent aussi rapidement que les respirations, la désinformation médiatique n'est plus un phénomène temporaire, mais est devenue un outil efficace manœuvré avec intelligence, employé habilement, et diffusé dans la conscience des gens, jusqu'à ce que la vérité se mêle à l'illusion, rendant la distinction entre le vrai et le faux une tâche ardue pour le grand public, mais aussi pour certaines élites. La désinformation médiatique ne se présente pas de manière criante avec son visage véritable, mais elle s'insinue doucement, soigneusement formulée, vêtue du manteau de "l’information urgente" ou "de l’informé exclusif".
La désinformation médiatique prend souvent la forme d’une nouvelle amplifiée, dont les contextes sont retirés, et qui est rediffusée largement jusqu'à sembler être une vérité indiscutable. Une seule nouvelle, qui peut au départ être marginale ou incomplète, se transforme grâce aux répétitions et aux exagérations en une question d’opinion publique, suscitant des émotions et construisant des positions, sans que la plupart des récepteurs ne se donnent la peine de rechercher les détails ou de revenir aux sources d'origine.
La désinformation peut également prendre la forme d’une rumeur, dont les phrases sont embellies, assaisonnées de sous-entendus, et présentées dans un langage accrocheur, pour trouver rapidement son chemin vers les utilisateurs des réseaux sociaux, où elle passe d'un compte à l'autre, d'une plateforme à une autre, jusqu'à ce que certains médias l'attrapent, lui conférant intentionnellement, ou non, une légitimité à se répandre. Ici, l'illusion devient une nouvelle, et le mensonge se transforme en matière de discussion publique.
Parmi les formes les plus dangereuses de désinformation médiatique se trouve l’extrait de textes et d'entretiens, où une déclaration est coupée de son contexte, ou une phrase est tirée d'un discours complet, puis utilisée à mauvais escient pour servir une certaine agenda ou pour déformer la position d'une personne ou d'une entité. Une fois que le mot est séparé de son contexte, il perd son sens véritable et devient un outil de poignard plutôt qu'un moyen d'éclaircissement.
Tout aussi dangereux est le maniement des images et des vidéos, par le découpage ou le montage trompeur, pour présenter une scène qui suggère ce qui n'est pas arrivé, ou pour cacher ce qui doit être vu. Une seule image, lorsqu’elle est présentée hors de son temps et de son lieu, est capable d’allumer une discorde, d'attiser la colère ou de renverser les faits.
Quant au maniement du discours, c'est le visage le plus rusé de la désinformation, surtout lorsqu'il touche au discours religieux ou aux valeurs, et il est exploité dans des moments sensibles où les gens n'ont pas le luxe de la révision ou de l'examen. À ce moment-là, les émotions sont excitées, la sacralité est exploitée, et le mensonge est transmis au nom de la religion, du patriotisme ou de l'intérêt public, transformant l'opposition en trahison, l'interrogation en scepticisme, et la pensée en accusation.
Les réseaux sociaux, par la rapidité de leur propagation et leur facilité d’accès, ont contribué à amplifier le danger de la désinformation médiatique, notamment avec l'émergence de ceux qui sont appelés « influenceurs », ceux qui ont été façonnés par le hasard plus que par le savoir, et les circonstances exceptionnelles, les événements brûlants, et les algorithmes des plateformes ayant amplifié leur présence et leur ayant donné de larges tribunes, sans que ces influenceurs n'aient le moindre sens de la responsabilité professionnelle ou éthique. Ainsi, sont apparus les influenceurs du moment, les analystes de l'accident, et les experts en tout, qui naviguent entre les questions comme ils naviguent entre les plateformes, distribuant des opinions catégoriques, créant des narrations, et influençant l'opinion publique sans fondement scientifique ou éthique.
Dans ce contexte, il ne faut pas oublier que la rumeur, la désinformation, et les fausses nouvelles constituent une véritable catastrophe pour le tissu national et social, et une menace directe pour l'ordre et la sécurité communautaires, car elles exacerbent les divisions, attisent le racisme et le régionalisme, et alimentent des séparations étroites aux dépens de l'identité nationale unifiée et du lien social solide. Le mot trompeur ne se limite pas à l'erreur, mais va au-delà pour devenir un instrument de destruction du mur de la confiance sociale, et une arme dangereuse utilisée pour frapper la stabilité de l'intérieur.
En outre, émerge un autre problème tout aussi grave, consistant en le recours de certains influenceurs à des contenus bas de gamme et superficiels, qui reflètent une pollution du goût public chez une partie des abonnés qui soutiennent de telles pages, leur donnant diffusion et interaction, au détriment des pages officielles et des sources fiables qui offrent la vérité indiscutable et l’information précise. Ici, les critères s'inversent, la superficialité est récompensée en dépit de la profondeur, et le bruit est proposé comme une alternative à la crédibilité, dans une scène qui reflète un déséquilibre dans la conscience collective nécessitant une attention sérieuse et responsable.
Un seul mot d'un compte célèbre peut façonner une opinion publique, ou ruiner une réputation, ou semer le doute, en l'absence de tout véritable examen, fondé uniquement sur le nombre d'abonnés et non sur la crédibilité du contenu. Ici, l'influence remplace la vérité, et la propagation devient le critère de crédibilité, dans un renversement dangereux des valeurs médiatiques.
La désinformation médiatique n’est pas utilisée à la légère ; elle est souvent un outil entre les mains d’instances ou de groupes cherchant à attaquer leurs adversaires, à rassembler l’opinion publique contre eux, à justifier leurs positions, ou à détourner les regards des questions plus importantes. C'est une arme douce, mais à fort impact, qui frappe la conscience avant de toucher la réalité, et trouve chez certains influenceurs un terreau fertile pour sa reproduction et sa promotion.
Face à ce tableau complexe, la lutte contre la désinformation médiatique devient une nécessité nationale et éthique, et non seulement une responsabilité individuelle. Les premières mécanismes de lutte commencent par la réflexion, car la précipitation à publier ou à interagir est le premier combustible à la propagation de la désinformation. S'arrêter un moment, avant d’aimer ou de partager, peut priver la fausse nouvelle de la vie qu'elle recherche.
De plus, ne pas traiter avec les nouvelles non fiables, et refuser de leur donner une circulation, constitue la défense la plus importante contre la rumeur. Chaque partage, même sous le prétexte de la critique, accorde à la désinformation davantage d'espace pour se répandre. La vérification de la source demeure la pierre angulaire dans la construction d'une conscience médiatique mature ; la source inconnue, ou les plateformes douteuses, ou les comptes fictifs ne peuvent pas être une référence à la vérité.
En outre, il est impératif d'activer un système de sanctions légales et éthiques contre ceux qui s'adonnent à la désinformation, que ce soit des individus ou des institutions, y compris ceux qui abusent de la qualification "d'influenceur", l'absence de responsabilité encourage l'excès, transformant le mensonge en une pratique sûre. De même, renforcer la culture médiatique auprès du public, à travers l’éducation et le journalisme responsable, contribue à bâtir un mur de conscience empêchant l'intrusion dans les esprits facilement.
La lutte pour la conscience aujourd'hui n'est pas moins importante que toute autre lutte, et la désinformation médiatique n'est pas simplement une erreur professionnelle, mais souvent un acte délibéré visant la conscience collective et le remodelant selon des caprices étroits. Entre une illusion maîtrisant la représentation et une vérité marginalisée, le défi demeure de compter sur un esprit critique, une conscience vivante, et un journalisme responsable, qui comprend que la parole est une confiance, et que la vérité n'a pas besoin d’être amplifiée, mais de ceux qui la protègent.
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