New York Times : L'Iran sort de la guerre plus intransigeant
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New York Times : L'Iran sort de la guerre plus intransigeant

SadaNews - Une analyse publiée par le New York Times indique que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran au cours des derniers mois n'a pas atteint les objectifs stratégiques annoncés au début, mais a plutôt abouti à une réalité politique et sécuritaire nouvelle qui a rendu l'Iran plus intransigeant et prêt à prendre des risques.

Le rapport souligne que les deux principaux objectifs de la guerre étaient d'affaiblir le régime iranien ou de le pousser vers un changement politique interne, et d'éliminer ses capacités nucléaires tout en empêchant la poursuite du développement de son programme nucléaire. Cependant, les résultats se sont révélés différents, car le régime n'est pas tombé, mais a réorganisé les centres de pouvoir en son sein d'une manière qui a renforcé l'influence de l'institution militaire, en particulier du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne, au détriment des élites religieuses traditionnelles qui constituaient l'épine dorsale du régime.

Alors que les deux parties se rapprochent d'un accord préliminaire qui pourrait ouvrir la voie à des négociations plus larges concernant le programme nucléaire iranien et l'avenir des équilibres régionaux, l'analyse suggère que l'Iran est sorti de la guerre plus dépendant des dirigeants militaires et sécuritaires et plus convaincu de la nécessité de préserver les éléments de sa puissance stratégique.

Au lieu d'abandonner son projet nucléaire, la nouvelle direction iranienne le considère comme une garantie essentielle pour la sécurité du pays et pour prévenir la répétition de toute attaque à grande échelle à l'avenir.

Ce changement intervient alors que Téhéran et Washington poursuivent des tentatives pour parvenir à un accord politique qui mettrait fin aux répercussions de la guerre. Les indicateurs montrent que les deux parties sont sur le point de signer un protocole d'accord préliminaire qui ouvrirait la voie à une série de négociations d'une durée de 60 jours pour discuter des questions les plus complexes, dont le programme nucléaire iranien et le rôle de Téhéran dans le détroit d'Hormuz.

Le rapport affirme que l'Iran aborde ces négociations avec une position plus confiante après avoir pu, malgré les dommages subis, conserver une part importante de sa structure militaire, de ses installations nucléaires et de ses capacités techniques. De plus, ses institutions de sécurité ont prouvé leur capacité à contrôler les situations intérieures et à prévenir un effondrement politique ou sécuritaire.

Un certain nombre d'experts - selon le rapport - estiment que la nouvelle direction iranienne diffère de la précédente en termes de manière de penser et de gestion des crises. Elle semble plus prête à prendre des risques et plus convaincue que la résistance face aux pressions militaires et économiques pourrait lui permettre de réaliser des gains politiques lors des négociations.

Dans ce contexte, Téhéran pense que les États-Unis ne sont pas prêts à entrer dans une nouvelle guerre totale, et que le président américain Donald Trump préfère parvenir à un accord qui atténue les tensions et rétablit la stabilité des marchés énergétiques mondiaux, ce qui lui donnerait plus de marge de manœuvre et réduirait son sentiment de nécessité de faire d'importantes concessions.

L'analyse indique que les demandes iraniennes fondamentales n'ont pas changé malgré la guerre : elles s'accrochent toujours à leur droit d'enrichir l'uranium, rejettent l'idée d'abandonner leur programme de missiles balistiques et insistent sur la poursuite de leur soutien à leurs alliés régionaux, notamment le Hezbollah, le Mouvement de résistance islamique (Hamas) et les Houthis.

Téhéran exige également la libération de milliards de dollars de ses actifs gelés et souhaite obtenir des garanties lui permettant d'augmenter ses exportations de pétrole et d'atténuer les effets des sanctions qui ont gravement endommagé son économie, qui souffre d'une forte contraction et d'une hausse des taux d'inflation et de chômage.

De l'avis de nombreux analystes, la guerre qui était censée empêcher l'Iran de s'approcher davantage du seuil nucléaire pourrait en fait l'avoir poussée à s'accrocher encore plus à cette option, car même si elle acceptait des restrictions temporaires, elle conserverait l'expertise scientifique, les installations et l'infrastructure nécessaires pour retrouver rapidement ses capacités nucléaires.

Le rapport met également en garde contre le fait que l'Iran pourrait utiliser sa position géographique et son influence dans le détroit d'Hormuz comme un levier de pression permanent face aux États-Unis et à leurs alliés, car toute menace à la navigation là-bas pourrait immédiatement se répercuter sur les prix de l'énergie et les marchés internationaux.

La guerre n'a pas terminé le défi iranien - selon le rapport - mais l'a plutôt redéfini sous une nouvelle forme, d'autant plus que Téhéran est sorti de l'affrontement plus dépendant de l'institution militaire, plus convaincu de la nécessité de conserver des outils de dissuasion stratégiques, et moins prêt à céder aux pressions extérieures, tandis que les États-Unis semblent avoir besoin d'un accord qui réduit les tensions et rétablit la stabilité de l'économie mondiale.

Le rapport conclut que parvenir à un protocole d'accord ou même à un accord préliminaire ne signifie pas nécessairement résoudre la crise, car les questions essentielles concernant le programme nucléaire iranien, l'influence régionale de Téhéran et la sécurité de la navigation dans le golfe sont encore loin d'être réglées.

De ce fait, de nombreux experts estiment que la région pourrait entrer dans une longue phase de "ni guerre ni paix", où la tension politique et militaire se poursuivrait sans mener à un affrontement total ou à une paix durable, une situation qui pourrait donner à l'Iran un temps supplémentaire pour consolider ses gains et reconstruire son influence régionale.