The Telegraph : L'Occident ignore une alliance dangereuse qui recompose l'Iran de l'intérieur
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The Telegraph : L'Occident ignore une alliance dangereuse qui recompose l'Iran de l'intérieur

SadaNews - Un article dans le quotidien britannique The Telegraph a révélé des transformations profondes et fascinantes au sein de la structure du pouvoir en Iran, et plus précisément au sein des Gardiens de la Révolution iranienne. Les auteurs estiment que l'Occident continue d'ignorer une recomposition dangereuse qui se déroule au cœur du système, dirigée par une alliance non déclarée entre des personnalités de la sécurité et militaires influents qui pourrait redessiner les équilibres de pouvoir à Téhéran.

L'article des auteurs Khosrow Arabi et Saeed Golkar part de l'idée fondamentale que les analyses occidentales de la situation iranienne, notamment après les récentes transformations de leadership et l'absence du Guide Suprême Ali Khamenei - assassiné au début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran - ainsi que le retrait de son fils et successeur Mojtaba de la scène publique, restent superficielles et peu précises pour comprendre les véritables centres de pouvoir.

Au départ, on a propagé l'idée que le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf était devenu le "nouvel homme fort" de l'Iran, mais l'article soutient que cette image est trompeuse, et que Qalibaf est en réalité de plus en plus marginalisé au sein des cercles d'influence, souffrant d'une perte de confiance même au sein des réseaux des Gardiens de la Révolution eux-mêmes.

En revanche, le nom d'Ahmad Vahidi émerge comme le nouveau leader effectif des Gardiens de la Révolution, ce que confirment - selon l'article - des sources de renseignement occidentales, bien que Vahidi, en dépit de sa position centrale, fasse face à un défi fondamental qui réside dans son manque de base de pouvoir ancrée auprès des jeunes générations des Gardiens et du Basij, d'autant plus qu'il a été éloigné des responsabilités directes pendant des années en raison de ses fonctions gouvernementales.

Le retour de Jaafari

Un élément plus important et complexe entre en jeu ici : le retour de l'ancien général Mohammad Ali Jaafari dans le cercle d'influence - selon l'article - car Jaafari est l'un des principaux architectes de la transformation stratégique au sein des Gardiens de la Révolution pendant ses années de précédentes responsabilités, ayant supervisé sa restructuration à travers la décentralisation, un modèle qui a permis aux Gardiens de s'adapter à la guerre et aux troubles internes.

De plus, Jaafari a joué un rôle central dans la création d'agences de renseignement et de capacités cybernétiques, ainsi que dans le développement de stratégies de guerre asymétrique, en surveillant les répressions des grandes manifestations qui ont secoué le régime en 2009 et 2017-2018, selon les auteurs.

Cependant, le rôle le plus important de Jaafari - selon l'article - réside dans la création de la "cercle intermédiaire", un réseau social idéologique visant à mobiliser les jeunes fidèles au régime au sein de milliers de petits groupes dispersés dans les quartiers.

Ce réseau, qui devrait rassembler des millions de membres, n'est pas seulement utilisé à des fins de mobilisation idéologique, mais aussi pour influencer les élections et remodeler l'humeur politique interne, ce qui en fait un outil d'influence décisif au sein du système iranien.

Des fuites et des conclusions mentionnées dans l'article indiquent que ce réseau a joué un rôle dans le soutien à certains candidats et l'exclusion d'autres lors des élections, ce qui reflète un changement dans les outils de gestion du pouvoir en Iran, des appareils traditionnels vers des réseaux d'organisation sociale plus profonds et plus discrets.

Une alliance non déclarée

Dans ce contexte, l'article suggère qu'une alliance non déclarée commence à se former entre Ahmad Vahidi et Mohammad Ali Jaafari, reposant sur un échange d'intérêts politiques et stratégiques, car Vahidi a besoin de l'expertise de Jaafari et de son vaste réseau pour sécuriser une base de soutien au sein des Gardiens de la Révolution et des jeunes idéologiques, tandis que Jaafari bénéficie de la position actuelle de Vahidi pour renforcer son influence et marginaliser ses adversaires, notamment Qalibaf.

L'article dépeint Qalibaf comme un symbole du courant "d'élite pragmatique" au sein du régime, mais qui est en même temps assiégé par des allégations de corruption et des comportements familiaux qui ont impacté son image, le rendant cible de critiques parmi les nouvelles générations plus radicales au sein des Gardiens.

En conclusion, l'article soutient que cette alliance entre Vahidi et Jaafari ne représente pas simplement un rapprochement personnel, mais plutôt une recomposition plus profonde au sein de la structure des Gardiens de la Révolution, caractérisée par l'ascension d'un courant idéologique plus rigide et organisé, qui s'appuie sur la mobilisation des jeunes et l'expansion des réseaux de contrôle social, au lieu de la bureaucratie traditionnelle.

Si cette tendance réussit, l'Iran connaît une transition progressive vers un modèle plus centralisé et idéologique au sein des Gardiens de la Révolution, avec l'autonomisation des jeunes générations les plus radicales et le déclin de l'influence des anciens courants pragmatiques, ce qui pourrait se répercuter non seulement sur la politique intérieure, mais également sur le comportement régional de l'Iran et ses outils de sécurité et militaire.

Ce faisant, l'article propose une image d'un Iran réorganisant silencieusement ses centres de pouvoir de l'intérieur, loin de la couverture médiatique occidentale traditionnelle, mais selon des dynamiques qui pourraient avoir un impact plus profond sur l'avenir du régime et sa stabilité.