The Guardian : Trump est une arme de destruction massive et le plus grand danger pour le monde
SadaNews - L'écrivain Simon Tisdall propose une lecture critique aiguë de la politique du président américain Donald Trump envers l'Iran, et estime que le plus grand danger ne réside pas seulement dans la force des adversaires ou la nature du conflit, mais dans l'absence d'une stratégie claire pour gérer la crise.
Le commentateur des affaires étrangères au Guardian considère que l'amour de Trump pour lui-même est le premier ennemi mondial, et déclare : "C'est la principale raison de l'escalade incontrôlable de cette guerre. C'est une arme de destruction massive mobile".
Il ajoute que Trump est devenu le facteur le plus dangereux dans la crise iranienne, considérant que sa gestion du conflit a conduit les États-Unis et le monde à une impasse politique, économique et militaire difficile à surmonter.
L'auteur, dans sa chronique au Guardian, décrit la guerre renouvelée contre l'Iran comme le résultat de décisions hâtives manquant d'une vision stratégique claire, avertissant que la poursuite de l'escalade pourrait entraîner une guerre ouverte de longue durée aux conséquences mondiales.
Des déclarations en décalage avec la réalité
L'auteur note que les États-Unis sont revenus à bombarder l'Iran, y compris des installations et des infrastructures civiles, sans atteindre d'objectifs décisifs, soulignant que ces frappes n'affaiblissent pas le régime iranien comme Washington l'espère, mais pourraient renforcer la position des courants radicaux en Iran, les aidant à mobiliser l'intérieur et à justifier leurs politiques de sécurité.
Tisdall critique les déclarations de Trump et du ministre de la Guerre américain Pete Hegseth concernant la réalisation de la victoire, affirmant que parler de "grande victoire" est en décalage avec la réalité, car les États-Unis n'ont pas réussi à atteindre leurs grands objectifs, les coûts humanitaires, économiques et politiques de la guerre augmentant.
Le but américain le plus réaliste actuellement, selon l'auteur, est de contrôler le détroit d'Ormuz ou de le rouvrir à la navigation internationale, après que le détroit est devenu un point de pression stratégique dans le conflit.
Les objectifs initiaux déclarés par les États-Unis et Israël, tels que l'élimination du programme nucléaire iranien, l'affaiblissement des alliés de Téhéran dans la région, ou le changement de régime à Téhéran, sont devenus plus difficiles que jamais, selon l'auteur.
Coincé dans une guerre d'usure
L'article fait une comparaison entre l'approche de Trump et celle de l'ancien président américain George W. Bush pendant la guerre d'Irak, notant que Bush, malgré la catastrophe de la guerre qu'il a déclenchée, a pris la décision d'une invasion terrestre complète lorsqu'il a cru que l'Irak représentait une grande menace, tandis que Trump ne veut pas supporter les conséquences d'une guerre totale en Iran, tout en refusant d'admettre l'échec de la voie qu'il a choisie, ce qui le rend coincé dans une guerre d'usure longue, selon l'auteur.
L'auteur attribue à la personnalité de Trump et à son mode de pensée une responsabilité principale dans la poursuite de la crise, considérant que ses décisions sont influencées par le désir de montrer de la force et de réaliser des victoires politiques, plus que par des calculs stratégiques à long terme, ce qui signifie que le problème ne réside pas seulement dans la nature du régime iranien, mais dans le style de leadership américain qui a poussé à l'escalade sans un plan clair de sortie.
L'article affirme que ce modèle de prise de décision s'est répété dans d'autres dossiers internationaux, citant le plan de Trump concernant Gaza et sa position sur la guerre russo-ukrainienne. Dans le dossier de Gaza, l'auteur estime que le plan de paix présenté par Trump n'a pas abouti à des progrès concrets, laissant les questions de reconstruction, de désarmement et d'arrangements sécuritaires sans solutions, tandis que la situation humanitaire et politique continue de se détériorer.
Concernant la guerre russo-ukrainienne, l'auteur critique la manière dont Trump a géré la crise, considérant qu'il s'est concentré sur la pression sur l'Ukraine plutôt que sur le traitement des causes de la guerre ou sur la confrontation aux politiques du président russe Vladimir Poutine, dans une approche qui reflète, selon l'auteur, un schéma constant de décisions caractérisées par la précipitation et le manque d'intérêt pour les conséquences à long terme.
Qui peut arrêter Trump ?
Tisdall met en garde que la poursuite de la guerre pourrait avoir de larges répercussions qui dépassent les frontières du Moyen-Orient, car la poursuite des tensions dans le Golfe pourrait menacer le commerce et l'énergie mondiaux, et tout trouble dans la mer Rouge en raison des mouvements des Houthis soutenus par l'Iran pourrait entraîner une augmentation des prix du pétrole et des pressions économiques accrues sur les pays en développement.
L'auteur estime également que les alliés européens de Washington sont préoccupés par le chemin américain, et que les ennemis des États-Unis, en particulier la Russie et la Chine, pourraient tirer parti du climat d'instabilité et de la détérioration de l'image internationale de Washington.
En conclusion de l'article, l'auteur pose une question essentielle : qui peut arrêter Trump ? Il souligne l'absence de réponse de l'administration au Congrès, son manque de réaction face à l'opposition populaire à l'ampleur des coûts économiques de la guerre, ainsi que l'incapacité des alliés et leur peur de faire face à Trump.
Tisdall conclut que la poursuite de l'escalade pourrait transformer une confrontation limitée en une crise mondiale affectant l'économie et la sécurité internationales, à un moment où les possibilités d'une solution politique semblent de plus en plus difficiles en raison de la perte de confiance entre les parties.
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