"Memandani Berlin".. La gauche allemande mise sur une politicienne d'origine turque pour diriger la capitale
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"Memandani Berlin".. La gauche allemande mise sur une politicienne d'origine turque pour diriger la capitale

SadaNews - D'une activiste défendant les droits des migrants à candidate du parti "La gauche" allemande pour le poste de maire de Berlin, équivalent à la présidence du gouvernement régional, le nom de la politicienne allemande d'origine turque Elif Yeralp a émergé comme l'un des visages les plus marquants des élections municipales prévues en septembre prochain.

Des rapports turcs s'attardent sur l'expérience d'Elif Yeralp en tant que figure montante au sein de la gauche allemande, et rapportent les comparaisons faites par les médias allemands entre elle et le maire socialiste de New York, Zahraan Memandani, au regard de l'accent mis par sa campagne sur la crise du logement et l'augmentation des coûts de la vie, en plus des questions sur l'immigration, les droits et les libertés.

Comment Yeralp a-t-elle tracé son chemin d'une fille d'une famille immigrée à l'un des visages les plus en vue de la gauche à Berlin ? Quels sont les principaux traits de son programme électoral et les enjeux qu'elle place au cœur de sa campagne ? Comment les rapports turcs interprètent-ils les implications de sa candidature dans le paysage politique berlinois ?

Origines turques

La biographie personnelle de Yeralp révèle un aspect de son parcours qui l'a menée à la avant-scène de la gauche allemande, puisqu'un magazine turc, Perspektif, indique qu'Elif est née en 1981 dans une famille de gauche et syndicale qui a dû quitter la Turquie après le coup d'État de 1980, ce qui a constitué une partie de son contexte politique et social depuis l'enfance.

Yeralp raconte, dans une interview avec le journal turc Hürriyet, que les manifestations de "l'injustice et du racisme" qu'elle a observées durant son enfance l'ont poussée à étudier le droit et à se tourner vers les droits de l'homme, affirmant que, bien que sa famille appartienne à la gauche, elle n'a pas été influencée idéologiquement.

Après avoir étudié le droit, Yeralp a effectué un stage au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et a travaillé dans le domaine des droits des migrants et des réfugiés, avant d'occuper pendant environ 11 ans le poste de conseillère juridique du parti "La gauche" au parlement fédéral (le Bundestag), selon Hürriyet.

Depuis 2021, la politicienne d'origine turque - comme le souligne le rapport - est membre du parlement du Land de Berlin, s'engageant sur des questions de logement, d'immigration, et de lutte contre le racisme et la discrimination.

Selon "Perspektif", le parti "La gauche" a annoncé en octobre dernier l'unanimité de son choix d'Yeralp comme candidate pour diriger Berlin lors des prochaines élections, une initiative qualifiée par le magazine de "point tournant" qui a renforcé sa position au sein du parti et consolidé sa présence dans le paysage politique de la capitale allemande.

Memandani Berlin

Après sa nomination, Hürriyet signale que les médias allemands ont commencé à comparer Yeralp au maire de New York, car elle se concentre également sur les inégalités économiques, la hausse des loyers, le transport public et les questions touchant la vie quotidienne des habitants, adoptant une communication directe avec les électeurs à travers des campagnes de porte-à-porte.

Yeralp constate que la hausse des loyers n'affecte plus seulement les personnes à faible revenu, mais commence également à pousser la classe moyenne à quitter la ville, soulignant que "la maison est un endroit où vivent les gens, pas un outil pour réaliser des profits".

Elle décrit le transport public comme le deuxième plus grand problème de Berlin, ajoutant au journal : "Je ne peux pas promettre la richesse à tout le monde, mais je peux promettre une Berlin où tout le monde peut mener une bonne vie".

Perspektif souligne qu'Yeralp propose un programme visant à remodeler la structure sociale de Berlin, sous le slogan "Berlin n'est plus à vendre", appelant à nationaliser environ 240 000 unités de logement appartenant à de grandes entreprises immobilières.

En tant que politicienne d'origine turque, Yeralp aborde la question de l'immigration non seulement sous l'angle de l'intégration, mais se concentre aussi sur la lutte contre le racisme institutionnel, sur la promotion de la participation politique, sur l'égalité des chances en matière d'éducation, et sur la prévention de la discrimination au sein des institutions publiques, selon le magazine.

La candidate voit également les immigrés - ajoute le rapport - comme l'une des composantes fondamentales de la société berlinoise et soutient la double nationalité ainsi que le droit de vote pour les résidents non naturalisés aux élections locales.

Ses positions en matière de droits ne se limitent pas aux questions d'immigration, le magazine notant qu'alors que les manifestations de solidarité avec la Palestine se multiplient à Berlin, Yeralp a défendu le droit de manifester et de se solidariser avec les Palestiniens comme faisant partie de la liberté d'expression, qualifiant les interventions de la police pendant ces manifestations de "disproportionnées".

Le pari de la gauche

Le magazine estime que comprendre le pari du parti "La gauche" sur Yeralp nécessite de lire la nature du paysage politique à Berlin, qui diffère des autres Länder allemands, car la capitale se caractérise par une carte politique plus fragmentée et un clivage idéologique plus aigu.

De plus, le poste de maire de la ville - comme le précise le rapport - n'est pas décidé par un vote direct, mais plutôt selon les équilibres de pouvoir au sein du parlement régional, de sorte que les élections ne représentent pas seulement une concurrence pour les voix, mais constituent aussi un test sur la capacité des partis à bâtir des coalitions et à gérer des négociations de partage de pouvoir.

Concernant les partis concurrents, le rapport précise que le parti "Union chrétienne-démocrate" se concentre dans sa campagne sur la sécurité et l'ordre, tandis que les partis "La gauche" et "Les Verts" misent sur la justice sociale et le renforcement du rôle des services publics, alors que le "Parti social-démocrate" essaie de maintenir une position médiane entre les deux camps.

Yeralp - dans son entretien avec le journal - a commenté les sondages qui placent son parti en tête de l'élection avec une légère avance, en déclarant que "les sondages ne sont pas des élections, donc nous ne tomberons pas dans le piège de la complaisance et nous continuerons à travailler chaque jour pour les gens, mais ces résultats montrent que les citoyens nous considèrent comme un parti capable de produire des solutions".

Enfin, le magazine conclut que la campagne de candidature d'Yeralp à la direction de Berlin a dépassé le cadre d'une simple compétition pour la gestion de la capitale, pour devenir une partie du débat plus large sur l'orientation politique et sociale que Berlin adoptera dans les années à venir.