Pour l'amour de Dieu : Une déplacée septuagénaire offre des pâtisseries gratuites aux déplacés au Liban
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Pour l'amour de Dieu : Une déplacée septuagénaire offre des pâtisseries gratuites aux déplacés au Liban

SadaNews - Dans le contexte de la guerre et du déplacement, la Libanaise Umm Mohammed Zaiter a transformé ce qu'il restait de son four détruit dans la banlieue sud en une initiative humanitaire ; pour préparer des pâtisseries et les distribuer gratuitement aux déplacés dans les camps de la capitale, Beyrouth.

Umm Mohammed, septuagénaire, commence sa journée avant l'aube dans une modeste tente sur le front de mer de Beyrouth, allume un feu et prépare la pâte en vue de confectionner des pâtisseries ; dans le but de soutenir les familles qui ont été contraint par l'agression israélienne à quitter leurs maisons.

Bien qu'elle fasse partie du grand nombre de Libanais ayant perdu leurs maisons et leurs moyens de subsistance à cause de l'agression israélienne, Umm Mohammed a choisi de faire face au déplacement de manière différente, en fournissant de la nourriture aux familles dans le besoin, et elle s'est engagée à soutenir les déplacés de son peuple.

Elle déclare, les signes de fatigue évidents sur son visage, que l'idée d'aider les déplacés lui est venue après avoir vu l'ampleur de la souffrance dans les camps, y compris l'incapacité de nombreuses familles à assurer la nourriture de leurs enfants.

Dans une interview avec l'agence Anadolu, elle a parlé d'elle-même : "Je n'ai pas pu supporter cet état, alors j'ai commencé à aider les déplacés avec mes modestes moyens".

Un déplacement récurrent

Umm Mohammed vient d'une région frontalière avec la Syrie, près de Hermel à l'est du Liban, et elle dit avoir vécu de longues années de déplacements et de migrations, après avoir été contrainte de quitter sa maison et ses terres agricoles à cause des conditions de sécurité.

Elle explique qu'elle a ensuite déménagé dans la banlieue sud de Beyrouth, où elle a loué une maison et un petit four où elle fabriquait des manakish, avant que la main de la destruction israélienne ne l'atteigne.

Elle déclare concernant sa situation et celle de nombreuses autres personnes : "Nous avons laissé nos maisons, nos moyens de subsistance, nos terres et tout derrière nous".

Elle ajoute que de nombreuses familles arrivées au camp n'ont même pas l'argent pour une bouteille d'eau ou un morceau de pain, ce qui l'a poussée à relancer ce qu'il restait de son four malgré des moyens limités.

Umm Mohammed affirme que l'initiative a commencé avec des moyens presque inexistants, car elle s'est d'abord appuyée sur quelques produits de base disponibles. Elle a commencé avec une petite quantité de farine, et au fil des jours, le nombre de bénéficiaires a progressivement augmenté.

Elle ajoute : "La production a augmenté, passant de dizaines de manakish à des centaines distribuées gratuitement aux déplacés".

Elle précise que des habitants, des bénévoles et des propriétaires de magasins ont commencé à fournir de l'aide dès qu'ils ont appris l'initiative, que ce soit en faisant des dons de farine, de thym, d'huile, de fromage ou de viande.

"Pour l'amour de Dieu"

Dans la petite tente, Umm Mohammed travaille de longues heures chaque jour, indifférente à la fatigue ou à l'épuisement physique.

Elle raconte qu'elle passait ses premières nuits à pétrir la farine à la main jusqu'aux heures de l'aube, avant de commencer le processus de cuisson et de distribution le matin.

Elle ajoute : "Je dormais quelques heures puis je me levais à trois heures du matin, ce travail m'a épuisée, mais ce sont les enfants qui me donnent de la force".

Bien qu'elle ait perdu son moyen de subsistance, elle affirme qu'elle n'a jamais pensé à vendre la nourriture ou à tirer un quelconque profit matériel de cette initiative, et que ce qu'elle fait est "un acte humanitaire pour l'amour de Dieu".

Souvenirs de la terre

Au cours de son discours, Umm Mohammed se remémore sa vie antérieure dans son village frontalier, où elle possédait des terres cultivées avec des oliviers, des amandes, des raisins, des abricots et des pommes.

Elle dit avec regret : "Nous avons laissé nos terres, nos maisons et nos arbres, nous vivions dans l'abondance, et aujourd'hui nous nous trouvons dans une tente".

Elle souligne que la guerre israélienne n'a pas seulement détruit les maisons, "mais a anéanti une vie entière construite par les habitants au fil des longues années".

Elle ajoute : "Les maisons ont été détruites, et nous ne pouvons même plus accéder à nos terres".

Un message de résilience et de solidarité

Malgré la dureté de l'épreuve, Umm Mohammed insiste sur l'importance de garder espoir et d'appeler à la solidarité entre les Libanais.

Elle déclare : "Nous devons rester unis et solidaires, que nous soyons déplacés ou chez nous".

Elle considère que la solidarité populaire a atténué la dureté du déplacement pour des milliers de familles, qui restent encore incapables de retourner dans leurs villages en raison de la poursuite des bombardements israéliens dans le sud du Liban.