
Un rapport révèle les détails du plan "Trump" concernant "le lendemain de la guerre"
SadaNews - Le Washington Post a révélé aujourd'hui, dimanche, les contours d'un plan sur lequel travaille l'administration du président américain Donald Trump, concernant ce qui est connu sous le nom de "le lendemain de la guerre" à Gaza, qui est préparé en coordination avec Israël pour être imposé dans le cadre de la guerre d'extermination du secteur.
Le plan prévoit de placer le secteur sous un protectorat américain d'au moins dix ans, avec un déplacement "volontaire" de deux millions de Palestiniens en échange de compensations financières et d'un logement de repli, et de transformer Gaza en un projet d'investissement et touristique massif que Trump qualifie de "Riviera du Moyen-Orient".
Selon le rapport, le plan porte le nom de GREAT Trust (Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation Trust) et est présenté comme une initiative économique-sécuritaire, mêlant les intérêts américains et israéliens, et reposant sur des conceptions d'investissement misant sur la transformation de la destruction en opportunité d'attirer des investissements de centaines de milliards. Le plan vise à transformer Gaza "d'un agent iranien destructeur en un allié abrahamique prospère", comme le montre un document qui présente le plan de l'administration Trump.
Détails du plan
Le plan comprend trois axes centraux : la sécurité, la reconstruction, et le relogement. Premièrement, sur le plan de la sécurité : il est proposé que Gaza soit placée sous un protectorat américain direct d'une durée d'au moins dix ans, avec le désarmement de toutes les factions et l'établissement de mécanismes de surveillance internationale. L'objectif, selon le document, est d'assurer "zéro menaces" pour Israël et d'empêcher tout retour à l'armement de la résistance palestinienne.
Deuxièmement, sur le plan économique : le plan inclut l'injection d'investissements de 100 milliards de dollars dans les infrastructures, pour construire un port maritime, un aéroport international, un réseau d'autoroutes, des centrales énergétiques et des stations de dessalement, ainsi qu'une zone industrielle à la frontière orientale. On prétend que ces investissements généreront des retours multipliés, atteignant jusqu'à quatre fois au cours d'une seule décennie.
Troisièmement, sur le plan social : la dimension la plus controversée se concentre sur le "relogement volontaire". Chaque Palestinien acceptant de quitter le secteur se verra offrir la somme de 5000 dollars en espèces, en plus de quatre années de soutien au loyer et d'une année de provisions alimentaires. L'idée des "villes intelligentes" sera mise en avant, avec entre six et huit villes à construire à Gaza et en dehors, reposant sur l'intelligence artificielle pour fournir des logements de repli.
Le document précise que chaque Palestinien quittant Gaza permet d'économiser environ 23 000 dollars sur le fonds, comparé au coût d'hébergement de ceux qui resteront. Quant aux propriétaires terriens, ils se verront attribuer des jetons numériques (Tokens) pouvant être échangés ultérieurement contre des logements ou des investissements ailleurs.
Projets de reconstruction
En plus du relogement, le plan évoque des projets géants, parmi lesquels des usines de voitures électriques, des centres de données, des stations touristiques, et des infrastructures pour des technologies avancées. Même un clip promotionnel publié avec la technologie de l'intelligence artificielle sur le compte de Trump a montré Gaza, après les reconstructions, transformée en une ville mondiale avec des stations luxueuses et des gratte-ciels, dont l'un porte son nom.
Le plan prévoit également de nommer les autoroutes à construire d'après des chefs du Golfe, dans une tentative d'attirer un financement arabe direct. Gaza se présente comme "le site d'investissement le plus viable de l'Est méditerranéen", ce qui la transforme, selon la vision américaine, en un centre financier et commercial concurrent de villes comme Dubaï et Tel-Aviv.
Les participants et décideurs
Le plan n'a pas seulement été élaboré à la Maison Blanche. Plusieurs personnalités internationales de premier plan ont contribué à sa formulation. Le journal indique que des réunions ont eu lieu à Washington, New York, Floride et Jérusalem, auxquelles ont participé le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'envoyé présidentiel spécial Steve Whitehead, ainsi que l'ancien premier ministre britannique Tony Blair et le gendre de Trump et ancien conseiller Jared Kushner.
Des experts israéliens, à l'origine de la création de l'institution "Gaza Humanitaire (GHF)", ont également contribué à l'élaboration des conceptions. Quant à la dimension financière, elle a été prise en charge par le Boston Consulting Group (BCG), qui a élaboré des modèles économiques pour la viabilité du projet, avant d'annoncer plus tard que son travail n'avait pas été officiellement approuvé et que deux de ses directeurs avaient été licenciés après avoir révélé leur rôle.
Selon le rapport, des proches de Trump ont estimé que le président "se dirige vers une décision audacieuse" concernant Gaza, bien qu'il soit conscient que le projet suscite des débats tant internes qu'internationaux. À noter que le plan exclut tout rôle pour les Palestiniens, y compris l'Autorité palestinienne, dans l'administration du secteur de Gaza.
En mars dernier, le sommet de la Ligue arabe au Caire a adopté une autre vision pour la formation d'un gouvernement de technocrates palestiniens, avec la possibilité de déployer des forces arabes pour maintenir la paix à Gaza après le désarmement du Hamas. Mais Washington et Tel-Aviv ont rejeté la proposition.
Déplacement déguisé en "volontaire"
Le journal estime que ce qui caractérise le plan de Trump est qu'il est le seul à mettre le "relogement" au cœur du traitement, présentant Gaza comme "une opportunité d'investissement" plutôt que comme une question politique liée à un État palestinien ou à des négociations de paix, le plan liquéfie la question palestinienne et la transforme d'une question politique/humanitaire en une question économique.
Pour Israël, l'objectif principal reste le désarmement du Hamas et le contrôle sécuritaire. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que "toute solution doit garantir le démantèlement de l'infrastructure militaire du mouvement", rejetant l'idée d'un État palestinien ou du retour de l'Autorité à Gaza.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a même appelé à "annexer définitivement la bande de Gaza", tout en appelant, avec d'autres ministres israéliens, à déplacer les Palestiniens du secteur et à rétablir la colonisation de celui-ci avec un contrôle permanent par Israël.
Le journal a rapporté qu'il y avait des discussions internes au sein du gouvernement israélien sur la possibilité de reloger les Palestiniens dans des pays tels que la Libye, l'Éthiopie, le Soudan du Sud, l'Indonésie et même la Somaliland. Ce dernier, selon le rapport, a proposé d'accueillir des Palestiniens en échange d'une reconnaissance américaine de son État, ce à quoi Trump a répondu en disant : "Nous envisageons cela actuellement".
Le Washington Post a souligné que le projet reflète la vision personnelle de Trump, car il traite Gaza comme il traite ses propriétés. Depuis sa campagne électorale de 2024, il a déclaré à plusieurs reprises que "les États-Unis s'occuperaient de Gaza". Après avoir pris ses fonctions, il a déclaré que la bande de Gaza était devenue "un site de démolition énorme, mais c'est au bord de la mer, avec le meilleur climat, tout est magnifique".
Il a ajouté lors d'une conférence de presse avec Netanyahu : "C'est la Riviera du Moyen-Orient. Cela pourrait être quelque chose de merveilleux". Lorsqu'on lui a demandé si les Palestiniens reviendraient après la reconstruction, il a répondu : "Non, ils ne reviendront pas, car ils obtiendront de meilleurs logements ailleurs".
Critiques et avertissements
Le plan a fait l'objet d'un flot de critiques internationales. Des experts en droit international ont averti que "tout refus de retour des populations ou privation délibérée de nourriture et de soins médicaux constituerait une violation du droit international et un crime de guerre potentiel". Des organisations de droits de l'homme ont souligné que le plan représente une reproduction des politiques de "transfert", en présentant le déplacement forcé sous un couvert de "volontariat".
Le journal a également rapporté des témoignages de Palestiniens de Gaza. Abu Mohammed de Khan Younis a déclaré : "C'est ma patrie, je ne l'abandonnerai pas peu importe l'argent ou les incitations qu'ils proposent". Des témoignages supplémentaires ont souligné que "s'accrocher à rester est un acte de résistance face aux tentatives d'extermination et d'éradication".
Des analystes ont également noté que le plan ignore totalement l'idée d'un État palestinien et se concentre sur le redessin du secteur selon les intérêts de Washington et Tel-Aviv. Ils ont considéré que c'est "un mélange entre un projet d'investissement immobilier et un projet politique colonial".
Le journal conclut que le plan de l'administration Trump présente une vision sans précédent : un protectorat américain d'au moins dix ans, le relogement de deux millions de Palestiniens en échange de compensations, et la transformation de Gaza en "Riviera du Moyen-Orient". Mais malgré son ampleur, elle laisse une question fondamentale sans réponse : qui gouvernera réellement Gaza et quel sera le sort de son peuple qui insiste pour y rester ?
Le journal estime qu'entre les annonces promotionnelles ambitieuses et les vidéos promotionnelles, la réalité reste plus sévère : Gaza n'est pas simplement un site d'investissement ou immobilier, mais un foyer pour des millions de personnes vivant sous blocus et en guerre depuis des décennies, et tenter de transformer leur tragédie en "opportunité d'investissement" pourrait être le plus grand péché de la vision de Trump.

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