Accusation d'un ancien ministre de la Justice moldave dans une affaire de corruption à Interpol
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Accusation d'un ancien ministre de la Justice moldave dans une affaire de corruption à Interpol

SadaNews - L'ancien ministre de la Justice moldave a été accusé en France hier soir, vendredi, d'avoir supprimé des avertissements d'Interpol concernant l'arrestation de personnes recherchées, selon une source proche du dossier interrogée par l'Agence France-Presse.

Le parquet français affirme soupçonner que des conspirateurs de différentes nationalités ont versé des millions de dollars à des responsables officiels pour entraver la publication d'avis rouges émis par Interpol à l'encontre de suspects.

Vitaly Berloug, qui avait auparavant été à la tête de la commission de contrôle des archives d'Interpol, a été arrêté aux Émirats (mardi) en vertu d'un mandat d'arrêt international délivré par les autorités françaises.

Il a été extradé vers la France vendredi, accusé d'escroquerie organisée et d'évasion, selon la source qui a confirmé un rapport paru dans le journal « Le Monde ».

Une autre source proche de l'affaire a déclaré que Berloug était soupçonné d'avoir « aidé des suspects à obtenir un statut de demandeurs d'asile en Moldavie », afin de bénéficier de la suspension des avis rouges émis à leur encontre.

Les avis rouges sont des alertes internationales concernant des personnes soupçonnées d'être des criminels.

Emmanuel Marcini, l'avocat de Berloug, a déclaré à l'Agence France-Presse que le mandat d'arrêt français était « incompréhensible », car son client avait informé le parquet financier français de son adresse aux Émirats.

Il a indiqué que son client attendait d'être convoqué pour être interrogé conformément aux conventions internationales. Il a ajouté : « Ce n'est certainement pas Berloug qui voulait échapper à la justice, bien au contraire ».

Interpol a déclaré qu'après avoir découvert une tentative de « bloquer et supprimer des avis rouges » dans un nombre limité de cas, elle a informé les autorités en France.

Début 2025, les autorités françaises ont ouvert une enquête concernant une corruption présumée au sein d'Interpol. Le siège de l'agence de l'application de la loi internationale est situé à Lyon, dans le sud-est de la France.

Le procureur financier français Jean-François Bonert a déclaré que son équipe soupçonne que des personnes de différentes nationalités ont soudoyé des responsables pour bloquer et supprimer des avis rouges ciblant certains fugitifs. Il a noté que les sommes versées pourraient atteindre des millions de dollars.