Les zones industrielles israéliennes en Cisjordanie : une déformation économique qui entrave le développement palestinien
Économie locale

Les zones industrielles israéliennes en Cisjordanie : une déformation économique qui entrave le développement palestinien

SadaNews - L'Institut de recherche sur les politiques économiques palestiniennes (Mas) a tenu sa deuxième table ronde de l'année 2026 pour discuter des "effets économiques des zones industrielles israéliennes en Cisjordanie : emploi, pollution environnementale, et entrave à la logistique palestinienne", aussi bien en personne au siège de l'institut qu'en direct via Zoom. La note de fond a été préparée par le Dr Walid Habas, chercheur au Centre palestinien d'études israéliennes (Madar), tandis que Dr Maher Hashish, conseiller du ministre de l'industrie, et Dr Suha Awadallah, secrétaire général de la fédération générale des industries palestiniennes, ont présenté leurs interventions et commentaires sur le document.

Au début de la réunion, le coordinateur de la recherche à l'institut, Dr Samah Hallak, a accueilli les participants, experts et représentants de différents secteurs, et a souligné l'importance capitale de discuter de ce sujet qui révèle la nature complexe de ces zones industrielles, dépassant leur rôle de production pour fonctionner comme un outil de contrôle économique et de redirection des ressources, imposant des pressions directes sur les opportunités de développement palestinien et appelant à une attention urgente.

Le chercheur Habas a présenté une analyse complète des effets économiques des zones industrielles israéliennes en Cisjordanie, en tant que partie d'un environnement colonial expansionniste qui encercle l'espace géographique et nuit à l'économie palestinienne à plusieurs niveaux. Il a noté qu'il existe environ 35 zones industrielles en Cisjordanie, incluant des zones pour des industries lourdes telles que les métaux, les produits chimiques, le plastique et le béton, en plus de parcs industriels, technologiques, ainsi que des complexes commerciaux et de services. Il a souligné que ces zones contribuent à renforcer le lien économique entre les colonies et Israël, et qu'elles sont connectées aux routes dérobées et aux axes principaux.

Le chercheur a expliqué que le document identifie cinq effets principaux sur l'économie palestinienne. Premièrement, l'approfondissement de la dépendance de la main-d'œuvre palestinienne à travers un marché du travail déséquilibré caractérisé par de faibles salaires et une législation fragile. Deuxièmement, l'attraction de certains investissements palestiniens vers ces zones, ce qui reflète l'absence de contrôle sérieux. Troisièmement, l'entrave aux échanges commerciaux en raison de la fragmentation de la géographie palestinienne et de la hausse des coûts de transport et de commerce. Quatrièmement, l'augmentation de la pollution environnementale due au transfert des industries polluantes vers ces zones dans un contexte de faible régulation. Cinquièmement, la confiscation des terres agricoles et la dégradation des ressources naturelles, ce qui a un impact négatif sur la production agricole et menace la sécurité alimentaire.

Le chercheur a conclu sa présentation par une série de recommandations appelant à l'adoption d'une position officielle palestinienne claire concernant la relation avec les zones industrielles israéliennes, à traiter les raisons qui poussent le capital palestinien à se déplacer vers les colonies, et à travailler sur la protection des travailleurs, ainsi que demander des comptes à Israël pour les crimes environnementaux. Dans le même contexte, les recommandations insistent sur l'importance de développer une approche de développement souveraine à long terme qui renforce l'économie nationale palestinienne et limite la dépendance économique.

En commentant le document, Hashish a confirmé que le gouvernement palestinien accorde une grande importance aux études présentées par l'institut Mas. Il a noté que les politiques israéliennes encouragent la colonisation en offrant des incitations et des facilités pour les zones industrielles situées dans les colonies, considérant que cet investissement israélien s'inscrit dans le cadre d'un projet colonial visant à substituer la population.

Hashish a également souligné que le gouvernement palestinien porte un grand intérêt aux zones industrielles palestiniennes, car elles renforcent la résistance et créent des opportunités d'emploi, indiquant que la ville industrielle de Jénine devrait bientôt voir le jour, devenant un pilier de l'économie palestinienne avec l'arrivée d'investisseurs palestiniens des territoires de Palestine 48 pour y investir. Il a ajouté que le gouvernement palestinien impose aux produits nationaux palestiniens de se conformer aux appels d'offres et se concentre sur le soutien aux énergies renouvelables dans les zones industrielles palestiniennes pour réduire les coûts de production.

Pour sa part, Awadallah a déclaré que l'engagement de certains investisseurs et travailleurs palestiniens dans les zones industrielles israéliennes ne reflète pas nécessairement une acceptation du projet colonial, mais plutôt le grand fossé entre l'environnement d'investissement palestinien contraint et celui offert par les zones industrielles israéliennes en termes d'infrastructure, de stabilité et d'accès facile aux marchés.

Elle a souligné la nécessité de bâtir une alternative économique palestinienne à travers le développement des zones industrielles palestiniennes, l'amélioration des infrastructures, la réduction des coûts de production et le lien de l'économie palestinienne aux marchés arabes et régionaux, en insistant sur le fait que toute politique doit combiner pression et fourniture d'alternatives économiques et d'opportunités d'emploi.

Les participants ont souligné dans leurs interventions la nécessité de mettre en lumière les dommages environnementaux causés par les zones industrielles dans les colonies, ainsi que la nécessité de couvrir le document concernant le volume des investissements palestiniens dans ces zones industrielles israéliennes en Cisjordanie et le niveau de présence palestinienne à l'intérieur.