Affaires de la résistance : la fabrication de rapports sur les décombres des maisons
Um Mohammed Al-Fajr se dépêche de préparer le pain sur le feu de bois, quelques heures avant l'arrivée des équipes du projet de sécurité alimentaire qui vont l'inscrire dans leurs fichiers en tant que "bénéficiaire". Pendant ce temps, le fermier Abu Khaled cache dans sa poche un ordre militaire de confiscation de ses terres, tout en remplissant un formulaire de demande de soutien pour l'achat de semences. Ces deux scènes ne sont pas qu'une simple anecdote, mais elles représentent les deux faces réelles d'un système complexe qui a transformé la résistance d'un acte libérateur collectif en une "industrie" technique gérée par des rapports et des conférences. Le mot "résistance" est devenu dans notre discours public facilement convoqué et consommé sans questionnement. Pourtant, dans la réalité des Palestiniens en 2026, il est devenu un lourd fardeau pesant sur ceux qui vivent au cœur de la confrontation pour survivre : le fermier sous son olivier, la mère dans sa tente, et le prisonnier dans sa cellule, où la résistance n'est plus un acte romantique, mais une tentative permanente de faire face à une machine coloniale qui ne cesse d'épuiser l'esprit et le corps.
Nous assistons aujourd'hui à une transformation dangereuse que l'on pourrait appeler "la marchandisation du silence", où de nombreuses institutions qui auraient dû être un soutien à l'action nationale se sont glissées dans une logique de gestion des affaires régie par des financements conditionnés et un langage neutre des donateurs. Le langage a changé avant que la pratique ne change; le colonialisme est devenu un "état complexe" et un conflit, la résistance un "tension sécuritaire", et la libération "renforcement des capacités", transformant la cause d'un projet de libération nationale en une gestion de crise qui atténue les symptômes sans s'attaquer à la racine du mal. Aujourd'hui, nous voyons des projets d'adaptation au climat dans la vallée du Jourdain construire des réservoirs d'eau alors que les colons contrôlent les puits souterrains, comme si ce qui était demandé aux Palestiniens était de 's'adapter' au vol de leurs ressources au lieu de les récupérer.
À Gaza, des ateliers d'autonomisation des femmes sont organisés alors que l'occupation empêche l'entrée de tissus, transformant l'autonomisation en une compétence sans matériau, et la résistance en un chiffre dans un rapport de protection qui classe la démolition des maisons comme une violation sans qu'il y ait un coûteux avocat afin d'empêcher cette démolition.
Le résultat naturel de cette trajectoire est de faire peser le coût de la résistance uniquement sur le Palestinien ordinaire. Pendant que les élites occupent à gérer des projets et à rédiger des déclarations qui transforment la souffrance des gens en chiffres sourds, le fermier est laissé seul face au colon pastoral, et la famille est laissée seule devant la pelleteuse. L'occupation a réussi à vider la résistance de son contenu politique, tentant de la transformer en un état biologique instinctif réduit à assurer un abri, de la chaleur et de la nourriture, de sorte que la survie en soi devient un épuisement de l'imaginaire et de la capacité à penser à l'avenir. Briser ce cycle ne nécessite pas de nouveaux slogans, mais un courage critique qui redéfinit notre rapport à la réalité; nous avons besoin d'institutions qui se soumettent aux priorités des gens, et non aux conditions des donateurs, et d'un discours qui lie l'aide aux droits avec une clarté indiscutable. La survie du Palestinien sur sa terre est le plus grand acte politique, mais cela ne peut reste un acte individuel isolé. La résistance n'est pas une profession, ni une statistique dans les registres d'aide, mais un acte de résistance vécu dans toute sa dureté. Le Palestinien aujourd'hui n'est pas seulement seul, mais est devenu une matière première pour une industrie qui prospère grâce à sa survie, pas à sa liberté, et sortir de ce piège commence par rejeter le langage neutre et prendre parti pour les véritables batailles du peuple, car la résistance qui ne pave pas le chemin vers la liberté n'est qu'un report de la douleur. La Palestine aujourd'hui n'a pas besoin de ceux qui louent sa résistance alors qu'elle s'étouffe, mais de ceux qui rétablissent le sens de cette résistance, allègent son coût, et la transforment d'un fardeau personnel en un projet de libération collective où tout le monde se tient derrière celui qui est en lutte sur le terrain, se demandant sincèrement : qui se tient vraiment à ses côtés ?
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