L'Europe réagit.. Voici les conséquences de la fin du règne d'Orbán en Hongrie après 16 ans
SadaNews - Les élections parlementaires en Hongrie qui se sont tenues hier dimanche ont mis fin au règne du Premier ministre Viktor Orbán, qui a duré 16 ans, après une victoire écrasante du parti d'opposition "Tisza" dirigé par Péter Magyar, qui a obtenu 53% des voix et 138 sièges sur 199 à l'Assemblée nationale, après dépouillement de 98,9% des suffrages.
Avec ce quota au parlement, et après avoir confirmé l'obtention d'une majorité absolue permettant à son parti de modifier la constitution, on s'attend à ce que Magyar devienne le prochain Premier ministre de la Hongrie.
Les priorités de Magyar seront vraisemblablement axées sur la fin de la stagnation, la gestion des pressions financières croissantes dans une économie de 250 milliards de dollars, la réparation des relations avec l'Union européenne, et la libération de fonds européens gelés nécessaires aux investissements d'infrastructure pendant la nouvelle législature qui durera quatre ans.
Le parti "Fidesz" dirigé par Orbán n'a obtenu que 54 sièges à l'Assemblée nationale composée de 199 membres. Sa stratégie qui consistait à se présenter comme un candidat à la paix et à la souveraineté face à la "bureaucratie de Bruxelles" semble n'avoir pas eu d'impact auprès des électeurs, qui semblent plus préoccupés par les questions sociales et économiques locales que par la géopolitique mondiale.
Les conséquences politiques
La victoire du parti "Tisza" entraînera un changement de ton de la Hongrie envers l'Union européenne et l'OTAN, sans toutefois atteindre la position intermédiaire de Bruxelles.
Il est probable que des mesures précoces soient prises pour lutter contre la corruption, améliorer la transparence dans les contrats gouvernementaux, et renforcer l'indépendance des médias publics et du système judiciaire. Magyar a également promis de rejoindre le bureau du procureur général européen, de réduire l'intervention de l'État, et de clairement établir la position de la Hongrie au sein des institutions occidentales.
Les responsables européens accueilleront sans aucun doute la fin de la politique de blocage adoptée par Orbán au sein de l'Union européenne, notamment en ce qui concerne l'aide à l'Ukraine et les sanctions liées à la Russie. Cela pourrait ouvrir la voie à la libération d'environ 17 milliards d'euros de fonds européens gelés et renforcer l'investissement dans les infrastructures et le secteur de l'énergie en Hongrie dans les années à venir.
Cependant, Magyar appartient à l'aile conservatrice de la droite modérée européenne, adoptant des positions prudentes sur l'immigration, le pacte vert, l'accord de libre-échange avec le "Mercosur", et certains aspects de l'élargissement de l'Union européenne. Bien que le gouvernement dirigé par "Tisza" sera plus coopératif, moins gêné et moins tourné vers la Russie que le gouvernement d'Orbán, il ne s'alignera pas complètement avec le courant européen dominant.
Le test le plus difficile sera sur le plan intérieur. Les attentes de réforme augmenteront, mais la nécessité de contrôler les finances publiques poussera Magyar à prendre des décisions difficiles dans les semaines suivant sa prise de fonction, y compris la limitation des dépenses.
Si une majorité des deux tiers est réalisée, cela donnera à Magyar la capacité de modifier la constitution, de réécrire des lois clés, et de restructurer des institutions fondamentales sans le soutien de l'opposition.
Cela constituera un facteur déterminant pour inverser la tendance à la reculade démocratique et restaurer l'état de droit. Les partisans du parti "Fidesz" demeurent encore bien ancrés dans des institutions clés, du procureur général à la cour constitutionnelle, avec des mandats s'étendant jusqu'en 2034 et 2027 respectivement. Les réformes seront probablement confrontées à une résistance des réseaux d'Orbán au sein de l'armée, des tribunaux, et des médias officiels, dans une tentative de les entraver, un défi qui sera plus difficile à relever s'il est confirmé que le parti "Tisza" dispose d'une majorité écrasante.
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