Le patrimoine du Liban sous le feu... Les "Boucliers bleus" tentent de sauvegarder les vestiges de Tyr
SadaNews - Au site de Bass à Tyr, dans le sud du Liban, le symbole "Bouclier bleu" domine l'entrée de ce monument classé au patrimoine mondial, dans une tentative de le protéger des frappes israéliennes, après une attaque visant ses environs.
Bien que la ville, l'une des plus anciennes du bassin méditerranéen, abritant des vestiges de l'époque romaine, se trouve à environ 20 kilomètres de la frontière avec Israël, elle a subi de nombreuses attaques depuis le début de la guerre avec le Hezbollah.
L'armée israélienne a à plusieurs reprises averti ses habitants de l'évacuer complètement, mais de nombreuses familles n'ont pas obéi à cet avertissement.
L'initiative des "Boucliers bleus", lancée par un comité rattaché à l'UNESCO, comprend plus de 30 sites archéologiques au Liban, y compris les vestiges de Tyr, qui ont reçu des marquages dans un message principalement adressé à l'armée israélienne, conformément à la Convention de La Haye de 1954, qui impose aux parties en guerre de protéger les biens culturels en cas de conflit armé.
Ciblage du patrimoine
Le 6 mars 2026, Israël a mené une frappe à quelques mètres du site archéologique de Tyr, causant, selon les autorités, la mort de huit personnes d'une même famille, tandis que leur maison est devenue un tas de débris.
Nader Saqlawi, directeur des fouilles archéologiques dans la région sud au ministère de la Culture, déclare : "Ils étaient nos voisins... Ils pensaient que le fait d'être près du site archéologique les protégeait, étant donné que le patrimoine mondial ne devrait pas être bombardé lors des guerres et des conflits armés".
Saqlawi raconte qu'après que l'équipe se soit rendue sur le site pour évaluer les dégâts deux jours après la frappe, "j'ai trouvé quelques fragments humains... sur le toit du musée" qui est en cours de construction.
Les fenêtres du musée ont été brisées par le souffle de l'attaque, qui n’a pas causé de dommages à la nécropole archéologique datant des deuxièmes et troisièmes siècles, ni à l'arc de triomphe monumental, aux aqueducs et à la piste de course à l'intérieur du site, celles-ci étant des témoins de l'apogée de l'époque romaine.
Mission et risques
La guerre entre Israël et le Hezbollah a redémarré le 2 mars, après que le parti soutenu par Téhéran a tiré une salve de roquettes vers Israël, en réponse à la mort du Guide suprême Ali Khamenei lors des premières frappes américaines et israéliennes en Iran.
À Tyr, les experts en archéologie doivent effectuer des recherches plus approfondies pour détecter la possibilité de fissures causées par les frappes.
L'expert David Sassin, membre de l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine en zones de conflit (ALIPH), déclare : "Le Liban est plein de trésors archéologiques... et il n'y a pas assez d'espace dans les dépôts de Beyrouth pour transférer tous les vestiges menacés".
De plus, le transport des vestiges vers Beyrouth sous protection militaire "reste risqué", selon Sassin, en l'absence de garanties pour les protéger des frappes.
Appels des gardiens de l'histoire
Lors de la précédente guerre en 2024, des pièces de monnaie en or, des jarres et des sarcophages précieux ont été transférés à Beyrouth où ils sont toujours conservés.
Cette même année, la ville de Tyr a été attaquée, touchant également le château de Shem, datant du Moyen Âge, ce qui a entraîné sa destruction partielle. Saqlawi déclare : "Les Israéliens savent tout... Ils savent exactement ce qui se trouve sur ce site".
Mustafa Najdi, l'un des gardiens du site archéologique, relate les moments de l'attaque : "J'ai entendu un bruit très fort et le verre se briser. J'ai fui les lieux et prévenu les autorités.
Il y avait des morceaux de corps, la situation était très difficile", ajoute-t-il : "Personne ne se soucie de nous (...), nous espérons que tous ceux qui peuvent exercer une pression pour mettre fin à cette barbarie... représentent cette civilisation, qui incarne l'histoire, le Liban et tout le monde, Libanais ou non".
Source : l'Agence France-Presse
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