Contradictions de Trump dans la guerre en Iran : confusion des messages et absence de plan pour le lendemain
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Contradictions de Trump dans la guerre en Iran : confusion des messages et absence de plan pour le lendemain

SadaNews - Depuis le début des attaques américaines et israéliennes contre l'Iran, un titre a dominé la couverture des journaux occidentaux : une guerre sans boussole claire, ce qui a conduit à mettre en lumière les contradictions qui, selon eux, ont marqué les déclarations du président américain Donald Trump concernant l'attaque de l'Iran. La question que posent ces journaux reste la même : que se passera-t-il après le silence des canons ?

Le journal Le Monde a décrit la scène comme une "guerre à l’aveugle", faisant référence à un flot de déclarations contradictoires faites par Trump en quelques jours, passant d'un engagement à une action rapide à une ouverture au dialogue, puis à des propos sur le changement de régime et la recherche d'alternatives à sa direction.

Le journal français a estimé que cette "hésitation" reflète l'absence d'une planification claire, tant pour le début de la guerre que pour sa conclusion.

Dans son rapport, le correspondant du journal à Washington, Piotr Smolar, a souligné la contradiction flagrante entre ce qui a été déclaré dans la stratégie de sécurité nationale, publiée par Washington en novembre 2025, et l'application de ces idées dans la réalité.

Il a ajouté que le document stipule que le Moyen-Orient n'est plus "une source permanente de dérangement et potentiellement une source de catastrophe imminente comme par le passé", et selon la Maison Blanche, la solution réside donc dans "l'acceptation de la région, de ses dirigeants et de ses États tels qu'ils sont, tout en travaillant sur des questions d'intérêt commun".

Mais il est clair, selon l'auteur, qu'il y a une allusion implicite à l'Iran, en tant qu'exception, même si le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a averti en décembre dernier que les États-Unis ne "s'impliqueront pas dans des interventions au nom de la démocratie, dans des guerres sans objectifs clairs, dans des changements de régimes, dans le changement climatique, dans un discours moral éclairé, ou dans une construction d'États inefficace".

Le correspondant a également cité des extraits de discours précédents de Trump où il dénonçait les guerres d'Irak et d'Afghanistan, qualifiant les 8 000 milliards de dollars dépensés dans la guerre là-bas de "stupidité au sens propre du terme".

La même confusion a été observée par le New York Times, qui a critiqué ce qu'il a décrit comme étant "l'obscurité" dans la définition des objectifs, se demandant si le but était de détruire le programme nucléaire, de renverser le régime, ou de redessiner l'équilibre des pouvoirs régionaux.

Il a confirmé que si la décision revenait à un président responsable, il présenterait des "arguments cohérents" expliquant pourquoi agir maintenant et la nature des résultats attendus, allant même plus loin en accusant l'administration de ne pas avoir fourni de justification convaincante mettant en danger les soldats américains face à des risques d'escalade massive, et de ne pas avoir cherché à garantir un soutien intérieur et international suffisant.

Mensonges éclatants

Dans le contexte européen, El País a estimé que l'attaque représente un "danger grave" dans le parcours de marginalisation de la diplomatie et du droit international, appelant à un retour urgent aux négociations avant que la région ne glisse vers une guerre ouverte.

Le journal suisse Le Temps a mis en lumière la contradiction entre le slogan "L'Amérique d'abord" et la fin des guerres, et l'expansion des frappes depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, considérant que l'image du "président de la paix" est devenue éloignée de la réalité.

Cependant, la critique la plus sévère est venue du Guardian, selon ce qu'a rapporté SadaNews, qui a décrit la guerre comme "inutile" et a estimé que Washington "n'apprend pas des leçons du passé", avertissant de la répétition des erreurs en Irak et en Afghanistan en lançant une force militaire écrasante sans conception claire de ce qui se passera ensuite.

Elle a ajouté : "Encore une fois, des mensonges éclatants et des revendications exagérées sont publiés pour justifier l'attaque. La diplomatie américaine hypocrite a utilisé cela comme prétexte pour l'agression délibérée, ignorant les avertissements des alliés, et méprisant les Nations Unies, le droit international et l'opinion publique".

Le journal britannique a également souligné que le fait d'encourager les Iraniens à "prendre les rênes du pouvoir" ne répond pas à une question essentielle : comment peut-on parvenir à une transition politique sans troupes au sol, sans gouvernement transitoire et sans plan de reconstruction de l'État ?

Le lendemain

Le volet le plus détaillé concernant l'absence de plan a été présenté par le Financial Times dans une analyse de Gideon Rachman, qui a estimé que Trump a choisi la voie de "changer le régime par la seule force aérienne", ce qui n'a pas été fait auparavant.

Rachman a indiqué que le renversement de la direction iranienne ne répond pas à la question de qui dirigera le pays, ni comment les institutions de sécurité et militaires seront ajustées après les frappes, notant également que la demande de la Garde révolutionnaire de déposer les armes et l'appel au peuple à "prendre le pouvoir" manquent d'un mécanisme d'exécution réaliste.

Ces lectures se rejoignent à un point central, la contradiction entre le discours et la réalité. Alors que Trump promettait de mettre fin aux "guerres éternelles", les sondages d'opinion -comme l'ont rapporté les journaux américains- montrent que le soutien populaire à l'opération est faible par rapport à des guerres précédentes, reflétant une division interne qui limite la marge de manœuvre.

Il est possible de dire que la majorité des journaux occidentaux s'accordent à dire que le problème ne réside pas dans la capacité militaire, mais dans l'absence d'une stratégie politique intégrée. Les messages contradictoires, les objectifs indéterminés, et le pari sur une transition "automatique" du pouvoir, sont tous des éléments qui font que "le jour suivant" est le maillon le plus faible dans une guerre qui semble jusqu'à présent plus proche d'un test de force à court terme que d'un projet de restructuration durable.