Rapport de l'Association des banques.. Lecture des scénarios de gestion de la crise et de la reprise fragile 2026
SadaNews suit : Les rapports publiés par l'Association des banques en Palestine constituent une référence stratégique pour comprendre les équilibres délicats qui régissent le paysage financier et national. Dans un nouveau rapport publié dans le numéro (101) de la revue "Les banques en Palestine", l'association met le doigt sur le pouls d'une économie faisant face à des pressions composites sans précédent. Ce rapport va au-delà d'une simple observation des chiffres, pour offrir une analyse approfondie de la situation de "gestion des crises chroniques" que connaît le système économique palestinien sous le poids du blocus et des restrictions politiques.
Le rapport réunit des visions d'experts et d'analystes qui ont examiné les axes de croissance, les finances publiques, le secteur bancaire et le marché du travail, proposant des scénarios allant de la fragilité de la stabilité aux risques d'effondrement, tout en insistant sur le fait que la structure économique palestinienne, malgré sa petitesse, demeure prisonnière du démantèlement des restrictions israéliennes et des interventions internationales efficaces.
Croissance proche de zéro et gestion prudente des crises complexes
L'économiste Dr. Saïd Sabri voit l'année 2026 comme une année d'"intégration des risques" par excellence, où l'on s'attend à ce que la croissance économique stagne près de zéro, avec des perspectives sérieuses de récession si le rythme des restrictions actuelles se prolonge et si les efforts de reconstruction à Gaza échouent.
Sabri explique que les finances publiques demeurent le maillon faible en raison de la continuité de la crise de la compensation et de son utilisation comme outil de pression politique, ce qui a conduit à un élargissement de l'écart de déficit et à une baisse de l'aide extérieure. En ce qui concerne le secteur bancaire, Sabri le décrit comme étant une instabilité fragile, où les banques réussissent à gérer les risques et à accumuler les dettes publiques et excédent du shekel, mais elles restent incapables de jouer un rôle de développement expansif dans ce contexte.
Sabri conclut que toute amélioration réelle demeure conditionnée par des changements politiques et structurels majeurs, ce qui limite la politique économique actuelle à "éteindre des incendies" au lieu de tracer des voies de croissance durables.
Absence de changement fondamental au milieu de l'escalade de l'occupation
De son côté, l'économiste Muaid Afana s'attend à ce que la scène actuelle se poursuive sans transformations radicales, étant donné que les causes de la crise demeurent présentes, notamment le blocus étouffant et la découpe de la Cisjordanie.
Afana indique clairement que l'année 2026 revêt un caractère particulier car elle est une année électorale en Israël, ce qui pourrait inciter les partis extrêmes à renforcer les mesures punitives contre les Palestiniens pour réaliser des gains électoraux. En ce qui concerne l'aide extérieure, Afana précise que les dons internationaux restent limités face à l'ampleur des besoins réels et des dettes accumulées, et des arriérés dépassant 14,6 milliards de dollars à la fin de l'année 2025, un chiffre énorme qui dépasse le produit intérieur brut des Palestiniens.
Il estime que toute percée partielle potentielle sera liée à des pressions américaines pour relancer le processus politique et libérer les fonds de compensation retenus, un scénario dont la probabilité reste faible dans les conditions actuelles.
L'économie cumulative et les défis de la balance commerciale
De son côté, le chercheur à l'Institut de recherche des politiques économiques palestinien "Mas" Masef Masef aborde les impacts profonds et dévastateurs des guerres et des politiques israéliennes, notant que l'économie palestinienne souffre d'une crise cumulative qui s'est prolongée pendant trois années consécutives, conduisant à un déclin sévère de tous les indicateurs.
Masef explique que les secteurs productifs et services ont chuté de manière significative, rendant le triangle économique (emploi, finances publiques, secteur privé) fonctionnant à moitié de sa capacité ou moins. Il met également en lumière le déficit chronique de la balance commerciale, où les importations dépassent la valeur des exportations de trois fois, coïncidant avec une baisse du pouvoir d'achat et une augmentation des taux de chômage à des niveaux records. Néanmoins, Masef soulève un espoir concernant la flexibilité de l'économie palestinienne et sa petite taille, affirmant que le versement régulier des salaires ou le retour des travailleurs pourrait relancer l'économie de 25% rapidement, ce qui pourrait conduire à une croissance variant entre 3% et 5% si certains problèmes en suspens étaient résolus.
Menaces bancaires et répercussions de la rupture des liens
L'économiste Hani Najm aborde les risques de la rupture des relations bancaires entre Israël et le côté palestinien, affirmant que cette menace représente un danger existentiel pour l'économie palestinienne, mais qu'elle laissera également des impacts négatifs tangibles sur l'économie israélienne, en particulier dans les secteurs de la construction et de l'agriculture.
Najm explique que l'interdiction faite aux travailleurs palestiniens de travailler réduit la liquidité sur le marché local et entraîne une hausse des prix des biens et une augmentation des fardeaux sur les citoyens.
Najm met en garde contre le fait que la poursuite des pressions économiques pourrait mener à une explosion générale, soulignant que la solution stratégique pour les Palestiniens en cas de mise en œuvre de cette rupture de manière "prétentieuse" pourrait résider dans la recherche d'un découplage avec le shekel et l'établissement de nouvelles relations économiques et bancaires avec le monde arabe pour attirer des investissements, et mettre fin à la situation de dépendance forcée à l'économie israélienne.
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