La Russie livrera-t-elle Bachar el-Assad à la justice syrienne ?
Arabe & International

La Russie livrera-t-elle Bachar el-Assad à la justice syrienne ?

SadaNews - Les contours de la justice transitionnelle en Syrie commencent à se dessiner, avec l'annonce des nouvelles autorités syriennes de poursuivre judiciairement les symboles du régime précédent, en tête desquels le président déchu Bachar el-Assad, au milieu de confirmations officielles d'une coordination avec Interpol et de tentatives d'obtenir une coopération russe pour le livrer à Damas.

Lors de l'épisode (2026/5/11) de l'émission "l'histoire continue", le général Abdel Qader al-Tahan, vice-ministre de l'Intérieur syrien, a déclaré que le procès de l'ancien chef de la sécurité politique à Daraa, Atef Najib, représente un "changement de la gestion du conflit à la construction d'un processus légal et institutionnel de reddition de comptes", considérant que cette étape a des implications politiques, juridiques et symboliques pour les Syriens qui ont souffert des violations du régime précédent.

Al-Tahan a précisé que la justice transitionnelle en Syrie ne se limite pas à juger une personne ou un groupe de personnes, mais repose sur la vérité, la responsabilité, la réparation du préjudice et la garantie que les violations ne se reproduisent pas, soulignant que les autorités œuvrent à poursuivre les responsables des crimes graves contre les Syriens.

En ce qui concerne les poursuites judiciaires, le vice-ministre de l'Intérieur syrien a révélé que Damas avait commencé, via Interpol, des démarches pour poursuivre certains responsables fuyant à l'étranger, en notant que le nom de Bachar el-Assad figurerait en tête des listes des personnes recherchées en tant que principal responsable des crimes commis contre le peuple syrien.

Al-Tahan a ajouté que l'État syrien avait demandé à la Russie de livrer Bachar el-Assad, mais a précisé que cette demande n'avait pas encore été exécutée, ce qui constitue la première confirmation officielle de tentatives directes d'obtenir une coopération russe sur ce dossier.

Mandats d'arrêt par contumace

Pour sa part, le procureur général syrien Hassan al-Turba a déclaré que les autorités syriennes avaient émis des mandats d'arrêt par contumace contre plusieurs symboles du régime précédent, et qu'elles travailleraient en coordination avec Interpol et plusieurs pays pour poursuivre les personnes recherchées et les livrer à la justice syrienne.

Al-Turba a confirmé que le ministère de la Justice syrien s'appuie sur un système politique, juridique et الحقوقي intégré pour empêcher l'impunité des personnes impliquées, notant que des mesures ont été prises, y compris le gel des avoirs, l'interdiction de voyager, la protection des témoins et l'encouragement des victimes à déposer des plaintes.

Dans ce contexte, Al-Tahan a révélé que le ministère de l'Intérieur syrien avait réussi, après la chute du régime, à conserver entre 90 et 95 % des archives de l'ancien régime, y compris des documents et des preuves, confirmant la création d'une entité spéciale au sein du ministère pour préserver ces dossiers et les utiliser dans les enquêtes et les procès.

Le responsable syrien a indiqué que les autorités ne s'appuient pas uniquement sur des aveux individuels, mais possèdent une quantité énorme de documents incriminant des responsables de la sécurité et des militaires, précisant que les enquêtes se poursuivent avec plusieurs officiers détenus accusés d'avoir commis de nombreuses violations au cours des années de guerre.

Al-Tahan a souligné que l'ampleur des crimes et des violations commises durant plus de cinq décennies de régime de la famille Assad rend difficile l'établissement d'un calendrier clair pour la réalisation de la justice transitionnelle, considérant que l'année 2030 pourrait "constituer un véritable début de la réconciliation nationale et de la reconstruction du contrat social en Syrie", si le pays parvient à établir un processus légal et institutionnel transparent.

Source : Al-Jazeera