"L'armée de voleurs".. Israël entre pillage et effondrement de la discipline militaire
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"L'armée de voleurs".. Israël entre pillage et effondrement de la discipline militaire

SadaNews - L'article de Haaretz n'a pas attendu le discours du chef d'état-major Eyal Zamir pour décrire la crise de l'armée israélienne, car Ofer Shelah et Adith Shfran Geitman sont directement allés à l'essentiel, à savoir que l'armée qui perd la discipline et les valeurs ne se transforme pas en une force plus rude, mais en une "bande armée", et sa fin n'est pas seulement l'érosion de son image morale, mais la défaite sur le champ de bataille.

L'article a été écrit par Ofer Shelah, le président du programme de recherche sur la politique de sécurité nationale à l'Institut des études sur la sécurité nationale et ancien membre de la Knesset, et Adith Shfran Geitman, la chercheuse principale du même programme. Ainsi, l'avertissement ne vient pas de l'extérieur de l'institution israélienne, ni d'un discours juridique traditionnel, mais de l'intérieur même du domaine de la sécurité nationale israélienne.

Cette toile de fond confère à l'article une valeur particulière, car il aborde la morale et la discipline comme faisant partie de la capacité de l'armée à combattre, et non comme une simple question de propagande ou juridique.

Cette phrase prend un poids supplémentaire après les déclarations de Zamir, hier lundi, lors de la conférence de la direction supérieure, lorsqu'il a mis en garde contre le phénomène de pillage au sein de l'armée, disant que "le phénomène de pillage, s'il existe, est infâme et pourrait entacher toute l'armée israélienne", s'engageant à enquêter sur ces cas et à ne pas les ignorer.

La discussion ne porte plus sur des cas individuels, mais sur une peur déclarée de l'image "d'armée de voleurs", où la longue guerre se transforme en un environnement qui produit pillage, débandade, et un comportement qui nuit à l'image de l'armée de l'intérieur.

Les auteurs estiment que le chef d'état-major n'a pas le luxe de "choisir ses batailles" sur ce dossier, malgré la pression politique qui pèse sur lui. Selon l'article, la direction de l'armée fait face à une situation sans précédent, où le Premier ministre, le ministre de la Défense et des membres du gouvernement et de la Knesset attaquent presque quotidiennement les chefs de l'armée, et les réunions du cabinet sont devenues une plateforme médiatique pour réprimander le chef d'état-major.

Du pillage à la désintégration

Les déclarations de Zamir sur le pillage s'inscrivent dans un discours plus large sur les "événements non valorisants" au sein de l'armée, car il a déclaré que l'armée israélienne est "une armée de valeurs", mais il a reconnu que ce qui est apparu récemment est le produit d'une "longue et complexe période", mettant en garde que la dégradation normative pourrait être aussi dangereuse "qu'autant que les menaces opérationnelles".

Il a également imposé des restrictions à l'utilisation des soldats et de la réserve de l'armée sur les réseaux sociaux pour publier des messages controversés ou pour se promouvoir, considérant cela comme une "ligne rouge".

Cependant, l'article de Haaretz va au-delà du discours de Zamir. Il ne considère pas le pillage comme un incident isolé, mais comme le résultat de la poursuite de la guerre, de l'épuisement des troupes régulières et réservistes, et de l'érosion de l'autorité des commandants.

Shelah et Shfran Geitman écrivent que la longue guerre "rend difficile pour les participants de maintenir l'image du combattant", et que les réservistes n'ont pas été construits pour offrir des centaines de jours de service chaque année pour la troisième année consécutive.

Une guerre sans fin

Le danger le plus profond, selon l'article, est que cette longue guerre laisse beaucoup dans le service considérant chaque Palestinien ou Libanais comme un ennemi "destiné à mourir ou à être humilié".

C'est ici que se révèle la signification de l'avertissement de Zamir contre le pillage : il ne s'agit pas seulement de vol de biens au sud du Liban ou à Gaza, mais d'un indicateur d'un effondrement des frontières entre l'armée disciplinée et la force incontrôlée.

En revanche, Zamir a déclaré que l'année 2026 pourrait rester une "année de combat" sur tous les fronts, et que l'armée continuera à rester dans des zones de défense avancées à Gaza, en Syrie et au Liban tant qu'elle garantit la sécurité des colonies israéliennes à long terme.

Cette conception signifie que l'environnement qui a produit le phénomène de l'"armée de voleurs" a de fortes chances de perdurer, à moins que les avertissements du chef d'état-major ne se transforment en actions concrètes.

L'article et les déclarations de Zamir montrent ensemble que l'armée israélienne ne fait pas face à une crise de discipline passagère, mais à une crise d'identité interne.

Lorsque le chef d'état-major met en garde contre le pillage, et que deux chercheurs en sécurité écrivent que l'armée qui abandonne les valeurs se transforme en "bande armée", la question en Israël devient : l'armée est-elle encore capable de maîtriser la guerre, ou la longue guerre a-t-elle commencé à la redéfinir en une armée épuisée, en colère, et susceptible de se transformer en "armée de voleurs" ?

Source : Haaretz