Tapis, appareils et meubles... des aveux israéliens sur des opérations de pillage au Liban
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Tapis, appareils et meubles... des aveux israéliens sur des opérations de pillage au Liban

SadaNews - Le journal israélien "Haaretz" a révélé, d'après des témoignages de soldats et de chefs de terrain, des opérations de pillage à grande échelle de biens civils provenant de maisons et de boutiques dans le sud du Liban, en raison de ce qu'ils ont décrit comme un manque de mesures dissuasives au sein de l'armée israélienne.

Selon les témoignages, les opérations de pillage ont inclus des motos, des téléviseurs, des œuvres d'art, des meubles et des tapis. Selon les soldats, ces pratiques sont devenues "routinières" et se produisent largement, alors que les chefs de terrain en sont conscients sans prendre de mesures décisives pour y mettre fin.

Des soldats ont expliqué que certains éléments transportent publiquement les objets volés en quittant les territoires libanais, sans essayer de les cacher. L'un d'eux a déclaré : "Cela se passe à une échelle folle... tout le monde le voit et comprend ce qui se passe".

D'autres ont signalé que les réactions des chefs varient entre une indifférence totale ou une condamnation verbale sans mesures concrètes, affirmant que certains chefs sont pleinement conscients de ce qui se passe sans ouvrir d'enquêtes ni imposer de sanctions.

Dans un incident rapporté dans les témoignages, un soldat a mentionné qu'un chef avait surpris des éléments en train de transporter des bien dans un véhicule militaire, se contentant de les réprimander et de demander de s'en débarrasser, sans prendre d'actions juridiques.

Les témoignages ont confirmé que ces pratiques ne représentent pas une politique officielle de l'armée israélienne, mais qu'elles se multiplient en raison de la faiblesse de la surveillance et de l'absence de responsabilité, ce qui encourage leur propagation.

En revanche, l'armée israélienne a déclaré dans un communiqué qu'elle envisage "avec une extrême gravité" toute atteinte aux biens civils ou acte de pillage, affirmant que ces actes sont "formellement interdits", et que toute allégation est examinée et que des mesures disciplinaires et pénales sont prises en cas de preuve.

Elle a ajouté que la police militaire effectuait des inspections aux points de passage nord lors de la sortie des troupes du Liban, mais les témoignages ont indiqué que certains de ces points avaient été supprimés ou étaient absents à d'autres endroits.

Certains soldats ont lié la propagation de ce phénomène à la durée prolongée des opérations militaires depuis octobre 2023, ainsi qu'à une baisse du niveau de discipline, particulièrement parmi les forces de réserve, dans un contexte où les chefs hésitent à imposer des sanctions pouvant affecter la disponibilité des unités.

Ils ont également souligné que l'ampleur de la destruction dans les zones ayant subi des opérations militaires a contribué à justifier certains soldats pour des actes de pillage, sous prétexte que les biens "sera de toute façon détruits".

Cela coïncide avec un changement dans la nature des opérations dans le sud du Liban, où les soldats passent de longues périodes dans des zones urbaines abandonnées après le départ de leurs habitants, dans un contexte de diminution de la fréquence des confrontations directes.