Hassan Fadlallah du Hezbollah sur les négociations entre le Liban et Israël : "Violation flagrante de la charte, de la constitution et des lois libanaises"
SadaNews - Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a affirmé ce samedi son rejet des négociations directes entre le Liban et Israël, suite à l'annonce du président libanais qu'elles se dérouleront à Washington la semaine prochaine, alors que les frappes israéliennes continuent sur le sud du Liban, faisant 11 morts, dont des secouristes.
Des centaines de personnes se sont rassemblées dans la ville côtière de Saïda, dans le sud du Liban, ce samedi, pour participer aux funérailles de 13 membres des forces de sécurité de l'État, tués par une frappe israélienne sur un bâtiment gouvernemental dans la ville de Nabatiyeh, vendredi dernier.
Les frappes israéliennes incessantes sur le sud du Liban font suite à l'annonce de la présidence libanaise dans un communiqué, selon lequel un appel téléphonique a eu lieu vendredi entre les ambassadeurs du Liban et d'Israël à Washington et l'ambassadeur des États-Unis au Liban, qui était également dans la capitale américaine.
Le communiqué a ajouté qu' "au cours de l'appel, un accord a été trouvé pour tenir la première réunion mardi prochain au siège du Département d'État américain, pour discuter de la déclaration d'un cessez-le-feu et de la date du début des négociations entre le Liban et Israël sous égide américaine".
Le président libanais, Joseph Aoun, a exprimé à plusieurs reprises sa disposition à engager des pourparlers directs avec Israël, depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre en cours dans la région, qui a commencé par des frappes violentes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, suivi par l'entrée du Hezbollah dans la guerre le 2 mars, puis par des frappes israéliennes massives et une invasion terrestre.
Commentant l'annonce de la présidence libanaise, Fadlallah a déclaré dans un communiqué que cette démarche constitue une "violation flagrante de la charte, de la constitution et des lois libanaises, et un abus du destin et de l'avenir du pays".
Il a averti que cela augmente "l'intensité de la division interne, alors que le Liban a besoin plus que jamais de solidarité et d'unité interne pour faire face à l'agression israélienne, et pour préserver sa paix civile et la coexistence de ses citoyens".
Un conseiller du guide suprême en Iran, Ali Akbar Velayati, a également écrit dans un message sur la plateforme "X" que le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, doit "comprenez que l'ignorance du rôle unique de la résistance et du Hezbollah héroïque exposera le Liban à des dangers sécuritaires irrémédiables. La stabilité du Liban repose exclusivement sur la cohésion entre le gouvernement et la résistance".
À ce jour, au Liban, au moins 1950 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, en plus de plus d'un million de personnes déplacées de leurs foyers.
Le ministère de la Santé libanais a annoncé aujourd'hui, par le biais de trois communiqués séparés, qu'une frappe israélienne sur le village de Kafr Sir dans le Nabatiyeh a fait "4 martyrs, dont un secouriste de l'organisation de santé" affiliée au Hezbollah, tandis qu'une frappe sur le village de Zefta a fait "3 martyrs, dont un membre de la défense civile libanaise", et 3 autres personnes, dont un secouriste de l'organisation de santé, ont également été tuées dans une frappe sur le village de Tull.
L'agence nationale a rapporté plusieurs frappes sur des dizaines de villages dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah a déclaré avoir ciblé les forces israéliennes à l'intérieur des territoires libanais et dans le nord d'Israël.
Après l'annonce d'un cessez-le-feu temporaire cette semaine entre les États-Unis et l'Iran, un désaccord est apparu entre les deux parties sur la question de savoir si la trêve concerne également le Liban, alors qu'Israël a poursuivi ses frappes intensives sur le pays, et le Hezbollah a réagi par des attaques contre-attaquantes.
Cependant, après l'annonce d'Aoun, l'ambassadeur israélien aux États-Unis, Yair Lapid, a déclaré que son pays "acceptait de commencer des négociations de paix officielles" avec le gouvernement libanais, avec lequel il n'entretient pas de relations diplomatiques.
Lapid a ajouté dans un communiqué : "Israël a refusé de discuter d'un cessez-le-feu avec l'organisation terroriste Hezbollah, qui continue d'attaquer Israël et représente l'obstacle principal à la paix entre les deux pays".
Un responsable gouvernemental libanais a déclaré à l'agence "France Presse" jeudi que le Liban souhaite un cessez-le-feu avant de commencer toute négociation avec Israël.
Au vu des développements récents, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté devant le palais gouvernemental et d'autres zones de la capitale, agitant les drapeaux du parti et de l'Iran.
L'armée libanaise a averti dans un communiqué, aujourd'hui samedi, "contre tout mouvement pouvant mettre en danger la stabilité et la paix civile, ou pouvant entraîner des agressions contre les biens publics et privés".
Elle a insisté sur le fait que "l'armée interviendra fermement pour empêcher toute atteinte à la stabilité intérieure".
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