Un mois après la guerre en Iran : 5 questions sur un conflit qui s'aggrave et s'étend
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Un mois après la guerre en Iran : 5 questions sur un conflit qui s'aggrave et s'étend

SadaNews - Le magazine L'Obs a identifié 5 questions clés pour comprendre le cours de la guerre au Moyen-Orient, un mois après son déclenchement, dans un rapport analytique qui examine les dimensions militaires, politiques et économiques du conflit.

La guerre, surnommée "la colère épique", menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, a commencé le 28 février 2026 et a entraîné, lors des premiers frappes, la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tandis que l'avenir de son fils et successeur, Mojtaba, reste dans l'incertitude.

Depuis lors, le conflit s'est élargi sur le plan régional, et ses répercussions touchent la sécurité, l'énergie et l'économie mondiale. Voici donc 5 questions pour mettre en lumière la situation actuelle de ce conflit à l'aube de son deuxième mois :

Tout d'abord, combien de temps ce conflit va-t-il durer ?

Concernant la durée de la guerre, les déclarations américaines, notamment celles du secrétaire d'État Marco Rubio, suggèrent la possibilité d'atteindre les objectifs dans quelques semaines sans intervention terrestre, tout en laissant la porte ouverte aux négociations malgré le refus de Téhéran d'entrer en dialogue, ce qui reflète une incertitude entre résolution militaire et règlement politique.

De son côté, l'envoyé américain Steve Witkoff a exprimé l'espoir de tenir des pourparlers avec l'Iran cette semaine, déclarant lors d'un forum d'affaires à Miami : "Nous pensons que des réunions auront lieu cette semaine, et nous l'espérons vraiment". Téhéran a cependant affirmé à maintes reprises qu'il n'avait pas l'intention de négocier avec les États-Unis.

Deuxièmement, jusqu'où la guerre s'étendra-t-elle ?

Quant à l'expansion du conflit, le magazine indique que l'affrontement a dépassé les frontières de l'Iran et d'Israël pour inclure des acteurs régionaux, le plus notable étant l'implication des Houthis dans le conflit en visant des sites, qu'ils qualifient de sensibles, à l'intérieur d'Israël.

Plusieurs installations dans les pays du Golfe, dont le port de Salalah à Oman et l'aéroport international de Koweït, ont subi des attaques. Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz et menace d'élargir les combats vers un autre couloir maritime, le détroit de Bab el-Mandeb, ce qui prédit une confrontation régionale ouverte.

Troisièmement, la guerre touchera-t-elle davantage d'objectifs civils ?

La nature des cibles a évolué pour inclure des infrastructures civiles, notamment dans les secteurs de l'énergie et du dessalement, les deux parties échangeant des menaces concernant des installations vitales, alors que le président américain Donald Trump évoque la possibilité de cibler des installations électriques, en réponse à des menaces iraniennes de frapper des infrastructures énergétiques et technologiques dans la région, ce qui indique un passage de la guerre à une phase plus risquée.

Quatrièmement, quelles sont les conséquences de cette guerre sur l'économie mondiale ?

Économiquement, la guerre a entraîné un choc sur les marchés de l'énergie, avec une hausse brutale des prix du pétrole, au milieu des craintes d'un scénarios similaire à la crise de 1973, lorsque les prix du pétrole ont été multipliés par quatre. Cependant, les grandes économies sont aujourd'hui moins dépendantes du pétrole qu'au début des années 1970, grâce à l'énergie nucléaire et aux énergies renouvelables qui pourraient atténuer l'impact de cette pénurie importante d'approvisionnements en pétrole et en gaz.

Néanmoins, les répercussions demeurent fortes, avec une augmentation du coût de la vie et certains pays prenant des mesures de soutien pour atténuer l'impact.

Selon les dernières statistiques officielles publiées vendredi, la guerre a entraîné la mort de 1142 personnes et le déplacement de plus d'un million de personnes au Liban.

En somme, le rapport montre que la guerre est entrée dans une phase d'asphyxie ouverte, où les calculs militaires se mêlent aux risques économiques et aux équilibres régionaux, sans signes clairs d'une fin proche.

Cinquièmement, comment la situation évolue-t-elle au Liban ?

Au Liban, la situation se détériore après la participation du Hezbollah aux combats en soutien à l'Iran, entraînant une escalade militaire importante avec Israël, notamment dans le sud, la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth, avec des centaines de morts et un grand nombre de déplacés, faisant de la scène libanaise l'une des plus dangereuses en matière d'escalade.

Israël continue de bombarder le Liban avec tous types d'armements et tente de s'infiltrer dans le sud libanais afin d'élargir une zone tampon qu'il souhaite établir le long de ses frontières, tandis que le Hezbollah affirme que ses forces s'opposent directement à cela tout en continuant à tirer des roquettes sur le territoire israélien.

Source : L'Obs