Détroit d'Ormuz : L'Iran permet le passage des "pays amis" et Bahreïn appelle à sa protection
Économie internationale

Détroit d'Ormuz : L'Iran permet le passage des "pays amis" et Bahreïn appelle à sa protection

SadaNews - Le détroit d'Ormuz subit une transformation rapide, passant d'un couloir ouvert à un passage sélectif, où l'Iran impose des conditions de sécurité et commerciales aux navires, alors que les mouvements internationaux se multiplient pour garantir la liberté de navigation, en raison d'une perturbation majeure des flux énergétiques mondiaux.

Ce document met en évidence les principaux développements survenus dans le détroit au cours des 24 dernières heures, dans le cadre de la série "Observatoire d'Ormuz" de "Sharq Bloomberg", qui suit quotidiennement les évolutions du détroit et leur impact sur les marchés et les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Conditions iraniennes pour le passage du détroit

L'Iran a demandé aux navires souhaitant traverser le détroit d'Ormuz sous sa protection de soumettre des données détaillées concernant les membres de l'équipage, leurs cargaisons, leur parcours et leurs documents d'expédition, afin d'obtenir une approbation préalable des Gardiens de la Révolution.

De plus, l'Iran a commencé à imposer des frais non officiels sur certains navires traversant le détroit, pouvant atteindre environ deux millions de dollars par voyage, taxés de manière sélective sans cadre annoncé, ce qui reflète l'utilisation du passage comme un outil de pression dans le commerce de l'énergie mondial.

Le mécanisme de mise en œuvre de cette démarche varie selon les navires, mais il reflète une tendance croissante à établir un contrôle quasi officiel sur ce passage d'eau vital. Certains navires, notamment les pétroliers et les transporteurs de gaz ou ceux transportant des cargaisons de grande valeur, ont été invités à payer des frais via des intermédiaires, selon "Bloomberg".

Passage sélectif des navires dans le détroit d'Ormuz

Les développements indiquent également que l'Iran adopte une stratégie réfléchie dans le détroit d'Ormuz, s'appuyant sur un passage sélectif des navires comme un outil pour envoyer des signaux stratégiques, au lieu d'imposer un arrêt complet de la navigation, selon un tweet publié par le site de suivi des navires "MarineTraffic" sur sa page "X".

L'agence "Reuters" a rapporté qu'un pétrolier appartenant à la société thaïlandaise "Bangchak" a réussi à traverser le détroit d'Ormuz lundi, après une coordination diplomatique entre Bangkok et Téhéran.

Le ministre des affaires étrangères thaïlandais, Sihasak Phuangketkeow, a indiqué que l'Iran avait demandé à recevoir les noms des navires souhaitant passer, tandis que la société a précisé que le pétrolier était ancré dans le golfe Persique depuis le 11 mars avant de reprendre son chemin de retour vers la Thaïlande, assurant qu'aucun frais n'avait été payé pour le passage. Un autre pétrolier de la société "SCG Chemicals" attend également une approbation similaire.

Cette situation illustre un modèle de passage limité reposant sur une coordination directe entre gouvernements, où le passage est autorisé pour certains navires non liés aux parties au conflit, alors que le trafic maritime reste loin de ses niveaux normaux.

India continues to facilitate limited tankers

Dans ce contexte, l'Inde a commencé à réorganiser son approvisionnement en gaz de pétrole liquéfié en chargeant des cargaisons sur ses navires bloqués dans le golfe, dont le nombre s'élève à 24, comprenant 8 navires transportant du gaz de pétrole liquéfié, 4 pétroliers et un transporteur de gaz naturel liquéfié, selon "Reuters".

Les navires "Shivalik" et "Nanda" ont déjà atteint des ports indiens, tandis que l'arrivée de "Jag Vasant" et "Pine Gas" est attendue les 26 et 27 mars, selon les données de "Reuters".

L'Iran permet le passage des navires "amis"

En même temps, l'Iran a informé le Conseil de sécurité de l'ONU et l'Organisation maritime internationale qu'il ne permettra le passage que des navires "amis", sous réserve d'une coordination préalable avec ses autorités, selon "Reuters".

Téhéran a précisé que les navires liés aux États-Unis ou à Israël ou à toute partie participant aux opérations militaires ne seraient pas autorisés à passer, alors que l'escalade a conduit à un arrêt presque total d'environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié via le détroit. "Reuters" a noté que cette note a été diffusée au sein de l'Organisation maritime internationale, basée à Londres, qui compte 176 États membres, tandis que le journal "Financial Times" a été le premier à faire état de sa circulation.

Bahreïn propose un projet de protection du détroit d'Ormuz

Les agences "Reuters" et "Associated Press" ont rapporté que Bahreïn a proposé un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU appelant les États à protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Le texte du projet bahreïni autorise les États, soit individuellement soit par le biais d'alliances maritimes volontaires multinationales, à utiliser "tous les moyens nécessaires" dans le détroit d'Ormuz et ses environs, y compris les eaux territoriales des États qui y font face, afin de garantir un passage sûr et d'empêcher toute action entravant la navigation internationale ou ayant un impact sur celle-ci.

Les paiements liés à Ormuz renforcent le yuan chinois

Les répercussions du passage sélectif dans le détroit s'étendent également au système financier mondial, car "Deutsche Bank" estime que la guerre pourrait accélérer l'érosion de la domination du dollar américain dans le commerce du pétrole au profit du yuan chinois, en raison des frais imposés par l'Iran sur les navires et les tankers en yuan pour leur permettre de traverser le détroit.

Cela se produit alors que la perturbation des approvisionnements énergétiques mondiaux à travers le détroit entraîne une augmentation des prix des commodités, ouvrant la voie à une refonte partielle des règles de tarification et de paiement sur les marchés de l'énergie mondiaux pendant la guerre, et peut-être après son terme, selon la banque d'investissement.