Début de la troisième ronde des négociations américano-iraniennes à Genève
SadaNews - Ce jeudi, la ville de Genève a donné le coup d'envoi à la troisième ronde des négociations indirectes entre les États-Unis et l'Iran, alors que la mobilisation militaire américaine au Moyen-Orient se poursuit et que les mises en garde mutuelles sur le risque d'une escalade militaire s'intensifient.
Le ministère des Affaires étrangères omanais a annoncé le début de la nouvelle ronde, parrainée par Mascate, confirmant que le ministre des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a tenu des réunions de consultation à Genève, notamment une rencontre avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, pour discuter des aspects techniques liés au dossier nucléaire iranien et des "nouvelles idées" mises sur la table des négociations.
Dans le même ordre d'idées, l'agence de presse iranienne "Fars" a rapporté le lancement officiel des pourparlers, signalant que la délégation iranienne est dirigée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tandis que la délégation américaine comprend les envoyés spéciaux Steve Wittekov et Jared Kushner. Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiquée que Téhéran aborde cette ronde "sérieusement et avec flexibilité", et que les négociations se concentrent sur "la question nucléaire", avec une probabilité que le directeur général de l'IAEA se joigne aux consultations.
Le président iranien, Masoud Bezhkian, a affirmé avant le début de la ronde que son pays ne cherche "absolument pas" à posséder des armes nucléaires, ajoutant que le Guide suprême Ali Khamenei avait déjà clairement exprimé cette position. En revanche, le président américain Donald Trump a accusé Téhéran de poursuivre ses ambitions nucléaires "malveillantes", en soulignant que son pays ne permettra pas à l'Iran de se doter d'une arme nucléaire, tout en affirmant sa préférence pour une solution diplomatique.
Le ministère des Affaires étrangères omanais a clarifié que Al-Busaidi a discuté avec Araghchi, mercredi soir, des "visions et propositions" que présentera le côté iranien durant la troisième ronde, sans en divulguer les détails, alors que le ministre omanais doit transmettre ces propositions à la délégation américaine dans le cadre de la médiation en cours.
Parallèlement à la trajectoire diplomatique, le site "Politico" a rapporté, citant des sources proches, que les principaux conseillers de Trump préfèreraient qu'Israël prenne l'initiative d'une attaque contre l'Iran avant toute intervention militaire directe des États-Unis, en cas de conflit. Selon le rapport, ce scénario est envisagé comme susceptible de déclencher une réponse iranienne qui contribuerait à rassembler un soutien interne américain pour toute action militaire ultérieure.
Le rapport souligne que des sondages récents montrent un large soutien, en particulier parmi les républicains, pour une position ferme envers l'Iran, tout en exprimant des réserves concernant l'engagement dans une guerre à grande échelle. Selon "Politico", l'équipe de Trump envisage comment aligner toute action potentielle avec l'humeur générale américaine tout en réduisant le coût politique et militaire.
Les divergences entre les deux parties portent sur l'étendue de l'accord potentiel. Washington exige un arrêt complet des activités d'enrichissement de l'uranium, le transfert du stock enrichi à l'extérieur de l'Iran, l'inclusion du programme de missiles balistiques dans l'accord, ainsi que des discussions sur le rôle régional de Téhéran. Le ministre américain des Affaires étrangères, Marco Rubio, a averti que le refus de l'Iran de discuter de son programme de missiles représente "un problème très important".
En revanche, Téhéran insiste pour limiter les négociations au dossier nucléaire et exige la levée des sanctions économiques en échange de restrictions sur son programme, affirmant que son programme nucléaire est pacifique. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baqai, a qualifié les accusations américaines concernant le développement de missiles intercontinentaux de "grandes mensonges".
Cette ronde intervient après la reprise des pourparlers le 6 février, après une interruption due à la guerre qui a éclaté en juin 2025 et a duré 12 jours, au cours de laquelle les États-Unis ont bombardé des sites nucléaires en Iran. Alors que la mobilisation militaire américaine se poursuit, les deux parties confirment leur ouverture au dialogue, tout en maintenant l'option de la force sur la table, ce qui rend les aboutissements de la ronde actuelle ouverts à toutes les possibilités.
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