Rubio met en garde l'Irak contre la formation d'un gouvernement pro-iranien
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Rubio met en garde l'Irak contre la formation d'un gouvernement pro-iranien

SadaNews - Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak contre la formation d'un gouvernement pro-iranien, au milieu des inquiétudes exprimées par Washington concernant le retour prévu de l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki à son poste, après sa nomination par le plus grand bloc chiite du parlement.

Lors d'un appel téléphonique avec le Premier ministre actuel Mohammed Shia al-Sudani, Rubio a exprimé l'espoir que le prochain gouvernement fasse de l'Irak "une force pour la stabilité, la prospérité et la sécurité au Moyen-Orient", soulignant l'importance pour tout nouveau gouvernement de mettre l'intérêt de l'Irak en premier et de maintenir l'équilibre de ses relations régionales.

Le porte-parole du département d'État américain, Tommy Vietor, a déclaré que Rubio avait souligné qu'une "gouvernement contrôlé par l'Iran ne serait pas capable de protéger les intérêts de l'Irak, de l'éloigner des conflits régionaux ou de renforcer un partenariat équilibré avec les États-Unis".

Washington considère que la formation d'un gouvernement proche de Téhéran constituerait un gain politique pour l'Iran, qui fait face, selon des rapports sur les droits de l'homme, à d'importants défis internes depuis le déclenchement de vastes manifestations à la fin décembre, ainsi qu'à des pertes régionales après l'escalade avec Israël et les frappes contre son allié le Hezbollah, ainsi que la chute du régime du président syrien Bashar al-Assad.

Une source politique irakienne a déclaré à l'agence France-Presse que les États-Unis avaient exprimé une "vision négative" envers les gouvernements précédents dirigés par al-Maliki, tandis que des députés américains ont confirmé dans un message que le choix du Premier ministre était une affaire interne irakienne, mais que Washington adopterait ses positions et politiques en fonction de ses intérêts stratégiques.

Les États-Unis conservent une large influence en Irak, notamment par le contrôle des revenus de ses exportations pétrolières déposés à la Réserve fédérale de New York depuis 2003. Parmi ses demandes les plus importantes figure que Bagdad empêche le retour des activités des factions armées soutenues par l'Iran, un point pour lequel al-Sudani a gagné la confiance de Washington depuis qu'il a pris la présidence du gouvernement en 2022.

Al-Maliki avait pris ses fonctions de Premier ministre en 2006 avec le soutien des États-Unis et avait joué un rôle dans la lutte contre Al-Qaïda, mais Washington s'en est ensuite détourné considérant que ses politiques sectaires avaient contribué à la montée de l'État islamique.

Le Conseil des représentants irakien se prépare à tenir une session, mardi, pour élire un président de la République, un poste largement honorifique, mais le président élu devra nommer un Premier ministre dans les 15 jours, qui pourrait être Nouri al-Maliki si les blocs politiques tranchent leur choix.