Un journal turc : Ahmad Vahidi, le stratège de l'ombre dans les politiques de l'Iran
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Un journal turc : Ahmad Vahidi, le stratège de l'ombre dans les politiques de l'Iran

SadaNews - Alors que les tensions entre Téhéran et Washington augmentent, des analyses médiatiques mettent en lumière le commandant des Gardiens de la Révolution iranienne, Ahmad Vahidi, décrit comme le stratège de l'ombre qui fixe le cours de la scène iranienne en coulisses.

Avec la décision surprenante des États-Unis de prolonger le cessez-le-feu, le débat se ravive sur les frontières entre la diplomatie et les équilibres de pouvoir sur le terrain, dans un contexte de discours croissant sur une force silencieuse qui pourrait changer les règles du jeu, selon le quotidien turc Hurriyet.

Dans ce cadre, le chercheur turc au Centre d'études iraniennes (IRAM) Oural Toga indique que les Gardiens de la Révolution iranienne ont monopolisé les institutions civiles, un processus qui s'est intensifié progressivement depuis 2010 et a atteint son apogée après 2021.

Alors que le nom d'Ahmad Vahidi émerge comme le véritable décideur en coulisses, Toga explique à Hurriyet que la scène actuelle en Iran n'est pas le reflet d'une division du pouvoir, mais le résultat d'un centre de décision monopolistique qui n'a pas encore formulé d'offre unifiée à présenter aux États-Unis.

Une force silencieuse

Concernant les raisons de l'absence presque totale de Vahidi sur la scène médiatique, le chercheur turc estime qu'il conviendrait de les évaluer sous trois niveaux :

Sécurité opérationnelle : l'assassinat des anciens commandants des Gardiens de la Révolution montre que l'apparition publique des hauts responsables est devenue directement un facteur de risque qui menace leur vie.

Parcours professionnel personnel : en tant que commandant du Corps des Gardiens de la Révolution avant l'ère de Qassem Soleimani, Vahidi appartient à une école de discipline de renseignement et adopte une personnalité fermée devant les médias.

Niveau doctrinal : dans un environnement post-assassinats, la direction iranienne a de nouveau commencé à travailler selon les principes de dissimulation et de direction distribuée.

Le rôle des agents régionaux

Interrogé sur la question de savoir si le contexte stratégique de Vahidi fera des réseaux d'agents régionaux de l'Iran un simple outil de dissuasion ou les transformera en doctrine d'escalade maîtrisée, Toga a précisé que le parcours de Vahidi ne lui permet pas de limiter ces réseaux à une seule doctrine, en expliquant ce qui suit :

Durant sa direction du Corps des Gardiens de la Révolution entre 1988 et 1997, la relation de Téhéran avec ses alliés régionaux était fondée sur deux fonctions : la dissuasion en augmentant le coût de l'attaque contre Téhéran et l'escalade maîtrisée par la gestion du conflit à travers des agents.

Cette doctrine a notablement régressé dans le paysage actuel en raison de la "faiblesse marquée" du Hezbollah dans la période post-2023 et de l'"érosion" du modèle du front de la résistance.

Avec la chute du régime du président syrien destitué Bachar al-Assad en Syrie et la pression internationale sur les Houthis, l'influence de Vahidi sur ces structures dépend davantage de la mémoire de la génération fondatrice, mais le véritable paramètre qui détermine l'efficacité sur le terrain est la capacité de ces agents à résister.