Rapport : Israël admet un lien entre l'aide de Washington et la réduction des droits de douane de Trump
SadaNews - Le journal israélien Globes a rapporté que les déclarations récentes du gouvernement israélien révèlent une reconnaissance claire d'un lien politique et commercial direct entre l'aide militaire américaine et la réduction des droits de douane imposés par l'administration du président américain Donald Trump, dans un développement qui met en lumière la fragilité de la position de négociation de Tel Aviv et sa dépendance structurelle à l'égard du soutien extérieur.
Le journal rappelle la scène qui a constitué un tournant, quand le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est assis en avril dernier aux côtés de Trump à la Maison Blanche, attendant une réponse concernant la réduction des droits de douane, la réponse américaine étant brève et décisive : "N'oubliez pas que nous donnons à Israël des milliards de dollars chaque année." Selon Globes, ce n'était pas simplement un commentaire passager, mais un message clair de pression politique et économique.
De l'allusion américaine à une politique israélienne annoncée
Après 9 mois, Israël reconnaît pratiquement ce que Trump avait laissé entendre, puisque Netanyahu a déclaré dans une interview à la revue "The Economist" son désir de mettre fin à l'aide militaire américaine dans une décennie, une étape que Globes qualifie de tentative proactive pour alléger la pression américaine dans les négociations sur les droits de douane.
Le journal cite des sources gouvernementales disant que le lien entre les deux dossiers est désormais clair dans les couloirs de décision, où la partie américaine répète une seule question : "Que voulez-vous, alors que vous recevez des milliards chaque année ?".
La même source admet que la réduction de la dépendance à l'égard de l'aide américaine est utilisée comme un levier pour améliorer la position de négociation d'Israël, et non comme une option souveraine indépendante.
Un discours politique qui cache un fossé financier
Globes estime que l'annonce de l'abandon de l'aide sert avant tout la narration politique de Trump, qui cherche à réduire l'aide extérieure, et bénéficie de la présentation d'Israël comme un modèle d'allié "qui renonce volontairement à des milliards de dollars", renforçant ainsi le discours "Amérique d'abord", sans avoir à supporter le coût politique résultant de la réduction du soutien.
Cependant, le journal souligne que ce discours est fondamentalement en contradiction avec la réalité financière israélienne, car la discussion sur l'abandon d'une aide américaine d'une valeur d'environ 120 milliards de shekels (environ 38,15 milliards de dollars) au cours de la décennie coïncide avec un plan gouvernemental pour injecter 250 milliards de shekels (environ 79,48 milliards de dollars) supplémentaires dans le budget de la défense durant la même période.
"Le citoyen paiera le prix"
Globes rapporte des avertissements explicites du ministère israélien des Finances, qui estime que le fossé résultant de la perte d'aide ne peut être comblé sans imposer un coût direct à la société. Selon les estimations du ministère, un déficit annuel d'environ 12 milliards de shekels (environ 3,82 milliards de dollars) sera réparti entre l'armée et le budget général, ce qui signifie soit une augmentation des impôts, soit une réduction des dépenses civiles.
Une source au sein du ministère indique que couvrir seulement la moitié de ce déficit équivaut à augmenter la taxe sur la valeur ajoutée de 1%, alors qu'aucune préparation sérieuse n'a été faite au sein du ministère des Finances avant l'annonce de Netanyahu, le journal laissant entendre que le ministre des Finances lui-même n'a peut-être pas été au courant à l'avance de cette initiative.
Globes affirme que le timing de l'annonce de Netanyahu n'est pas isolé, mais survient au cœur des négociations avec Washington après l'imposition de droits de douane de 15 % sur les exportations israéliennes, dans le cadre d'efforts pour obtenir des exonérations sectorielles. Le journal précise que ces négociations vont au-delà du commerce pour inclure des dossiers géopolitiques plus larges, de l'Iran à Gaza, avec une reconnaissance officielle des liens entre ces questions.
Dépendance historique
Le journal examine la toile de fond historique de l'aide américaine, qui depuis 1985 s'est transformée en subvention fixe de 3 milliards de dollars par an, avant qu'un accord de 2016 avec l'administration de Barack Obama ne consolide une aide de 3,3 milliards de dollars par an pour l'armement, ajoutée à 500 millions de dollars pour la défense aérienne jusqu'en 2028.
Globes conclut que le discours sur l'abandon de l'aide ne reflète pas une force économique ou une indépendance stratégique, mais plutôt des pressions américaines croissantes, des contradictions internes profondes, et un processus de négociation où Israël est poussé à faire des concessions financières à long terme en échange d'une réduction immédiate des coûts des droits de douane.
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