Rapport : Israël n'est pas intéressé par un accord avec la Syrie et cherche une sortie qui satisferait Trump
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Rapport : Israël n'est pas intéressé par un accord avec la Syrie et cherche une sortie qui satisferait Trump

SadaNews : À ce stade, Israël ne voit pas la nécessité urgente d'aboutir à un accord de sécurité ou politique avec la Syrie, car des doutes profonds prévalent à Tel Aviv concernant les autorités de Damas, leur stabilité et leur capacité à exercer un contrôle total sur la géographie syrienne. Dans ce contexte, une analyse du journal "Yediot Ahronot" souligne que les doutes israéliens portent d'abord sur la personnalité du président syrien Ahmad al-Chara, qui est perçu dans certains cercles israéliens comme flou, et la question se pose de savoir en quoi il diffère d'Abou Mohammad al-Jolani, en raison de son passé à la tête de "Jabhat al-Nusra" qui s'est par la suite transformée en "Hay'at Tahrir al-Sham", malgré son discours modéré et son apparence civile actuelle.

Le deuxième doute concerne la réalité du contrôle sur le terrain, car al-Chara n'est pas considéré comme capable d'exercer un gouvernement stable sur la Syrie, les estimations israéliennes indiquant qu'il contrôle moins de 60 % du territoire du pays et qu'il a du mal à maîtriser les groupes jihadistes radicaux au sein des forces qui lui sont loyales, ces groupes n'étant pas satisfaits de ses orientations islamiques modérées et de ses politiques pro-occidentales.

À la lumière de ces données, Israël estime qu'il est dans son intérêt de maintenir la présence de son armée dans la zone tampon à l'intérieur des territoires syriens, où elle possède neuf positions avancées s'étendant sur plusieurs kilomètres dans l'intérieur syrien, réparties entre le sommet du mont Hermon au nord et le triangle frontalier avec la Jordanie au sud. Israël œuvre également à établir un système de positions supplémentaires lui offrant une capacité optimale de contrôle de feu et de surveillance du renseignement, non seulement autour de Damas, mais aussi au nord-est du Liban où le Hezbollah et des organisations palestiniennes sont actifs. En outre, Israël a mis en place un obstacle à la circulation des véhicules et des personnes afin de ralentir ou de contrer toute attaque surprise depuis le Golan, se remémorant l'expérience du 7 octobre 2023.

Cette situation coïncide avec le désir du président américain Donald Trump de promouvoir un règlement durable ou au moins un arrangement de sécurité entre Israël et la Syrie, pour deux raisons principales : la première est liée à son souhait de renforcer son image de faiseur de stabilité et de paix au Moyen-Orient, et la seconde concerne sa réponse aux demandes de pays régionaux tels que l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, qui voient dans la reconstruction de la Syrie une opportunité économique et politique. La Turquie se distingue particulièrement dans ce contexte, cherchant à jouer un rôle central dans la reconstruction de l'armée syrienne et de l'infrastructure civile avec le soutien financier du Golfe, ce qui lui confère une large influence et lui permet de faire face aux Kurdes qu'elle considère comme une menace directe.

Bien qu'Israël ne voit pas d'intérêt urgent à un accord avec Damas, il ne souhaite pas entrer en confrontation avec Trump, surtout après sa rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Mar-a-Lago, et après l'opération américaine au Venezuela. Ainsi, Israël a participé aux discussions trilatérales qui se sont tenues à Paris avec un niveau de représentation faible, en opposition à une délégation syrienne de haut niveau et à une large délégation américaine. Alors que les Américains ont évoqué la résolution de 90 % des questions, la déclaration du bureau de Netanyahu s'est limitée à souligner la nécessité de négociations supplémentaires pour parvenir à la stabilité et répondre aux exigences de sécurité.

Israël fixe trois demandes centrales dans tout accord potentiel : prévenir toute attaque surprise depuis les territoires syriens vers le Golan occupé, éloigner les forces armées de la portée du feu direct des colonies et des axes routiers, et empêcher le transfert d'armes et de matériel au Hezbollah via la Syrie. Israël rejette également toute présence militaire turque dans le sud de la Syrie pour ce que cela pourrait limiter la liberté d'action de son aviation, tout en affirmant son engagement à protéger les Druzes à Soueida s'ils font face à une menace réelle.

En contrepartie, al-Chara exige le retrait d'Israël de la zone tampon et le retour aux lignes de l'accord de désengagement de 1974, afin de pouvoir affirmer qu'il a récupéré des terres souveraines, sans demander dans cette phase le retrait du Golan occupé. Cependant, Israël rejette cette proposition, considérant que les dispositions de 1974 ne sont plus suffisantes pour faire face aux nouvelles menaces. C'est pourquoi les Américains ont proposé à Paris l'idée de créer un mécanisme de coordination basé en Jordanie, incluant Israël, la Syrie et les États-Unis, pour échanger des alertes de renseignement et ouvrir par la suite une voie pour un dialogue civil et économique.