Syrie : couvre-feu dans un quartier d'Alep en préparation d'un bombardement des positions de "SDF" avec leur refus de se retirer
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Syrie : couvre-feu dans un quartier d'Alep en préparation d'un bombardement des positions de "SDF" avec leur refus de se retirer

SadaNews - Le vendredi, l'armée syrienne a annoncé qu'elle reprendrait le bombardement de sites dans un quartier d'Alep, qu'elle dit utilisés à des fins militaires, après le refus des Forces démocratiques syriennes (SDF) de se retirer de la ville, malgré l'annonce des autorités d'un cessez-le-feu.

Des affrontements sanglants ont éclaté mardi dans les quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh à Alep entre les forces gouvernementales et les SDF, faisant 21 morts, et les deux parties se sont accusées de les avoir déclenchés. Ces développements interviennent alors que les négociations entre les deux parties stagnent depuis la signature d'un accord en mars, qui stipulait l'intégration des institutions de l'autonomie kurde dans le cadre de l'État syrien.

Le ministère de la Défense syrienne a annoncé tôt vendredi un cessez-le-feu dans les deux quartiers, appelant les combattants des SDF à les évacuer en préparation de leur transfert vers des zones de l'autonomie kurde dans le nord-est de la Syrie.

Cependant, les combattants ont refusé et ont affirmé qu'ils continueraient à "défendre" leurs régions. Les SDF ont déclaré que "l'appel adressé par les forces du gouvernement intérimaire de Damas à notre peuple et à nos forces de sécurité est une invitation à la reddition, mais notre peuple dans ces quartiers est déterminé à rester et à défendre ses quartiers".

Quelques heures plus tard, l'agence officielle "SANA" a publié des cartes préparées par l'armée des sites dans le quartier de Sheikh Maqsoud qu'elle envisage d'"attaquer", appelant les habitants à les "évacuer immédiatement" et accusant les SDF de les utiliser comme "site militaire pour bombarder les quartiers et les habitants de la ville d'Alep".

L'armée a annoncé un couvre-feu dans le quartier à partir de 18h30, selon "SANA", qui correspond à l'heure à laquelle a expiré le délai d'ouverture du passage pour l'évacuation des civils de Sheikh Maqsoud.

On a vu près du quartier de Sheikh Maqsoud, plusieurs habitants en sortir sous la pluie. Les combats ont jusqu'à présent contraint au moins 30 000 familles à fuir, selon l'ONU.

En même temps, la télévision syrienne officielle a rapporté qu'une source militaire indiquait que les SDF avaient ciblé "plusieurs sites civils et sécuritaires dans la ville d'Alep" en utilisant des "drones de fabrication iranienne".

Pour sa part, les forces de sécurité des SDF à Alep ont déclaré que le quartier de Sheikh Maqsoud subissait "des bombardements violents et intensifs de la part de factions et de milices affiliées au gouvernement de Damas".

"Reconnaissance"

La ville a connu un certain calme pendant une brève période vendredi matin après l'annonce du cessez-le-feu, qui a été accueillie favorablement par les États-Unis.

La responsable de l'administration autonome kurde, Ilham Ahmed, a confirmé vendredi que l'administration était engagée à respecter l'accord conclu avec les autorités syriennes, accusant le "parti gouvernemental" de chercher à le mettre fin en attaquant les zones à majorité kurde à Alep.

Elle a souligné qu'il existe un "dialogue intermittent et lent" avec le gouvernement, considérant que la cause réside dans le fait que "le gouvernement intérimaire a choisi le chemin de la guerre".

Elle a déclaré que les États-Unis "jouent un rôle de médiateur" entre l'administration autonome et le gouvernement, ajoutant que "leurs efforts sont appréciés et nous espérons qu'ils exerceront des pressions pour parvenir à des ententes".

Une source diplomatique a rapporté vendredi que l'envoyé américain Thomas Barak était en route pour Damas.

Selon Nanar Hawash du groupe International Crisis Group, "les combats à Alep sont devenus un test pour le cadre déjà fragile de l'intégration entre Damas et les Forces démocratiques syriennes".

Elle a considéré que les combats à Alep reflètent "la transition vers une pression militaire et un éloignement des négociations techniques, vers des formes de pouvoir plus coercitives".

Les deux parties échangent depuis des mois des accusations d'échec des efforts visant à mettre en œuvre l'accord de mars, qui devait voir ses dispositions appliquées d'ici fin 2025, mais des divergences d'opinions ont empêché toute avancée, malgré les pressions exercées par Washington, qui soutient les deux parties principalement.

Concurrence régionale

Les combats à Alep ont suscité des craintes de voir le conflit prendre une dimension régionale, incitant Ankara à affirmer sa disposition à soutenir Damas si cela était demandé, tandis qu'Israël a condamné les attaques contre la "minorité kurde".

La Turquie et Israël sont intervenus dans ces combats.

La Turquie a salué vendredi l'opération militaire syrienne contre les SDF à Alep. Le ministre turc de la Défense, Yasar Guler, a déclaré : "Nous saluons cette opération qui cible tous les groupes terroristes. Je tiens à souligner que nous considérons que la sécurité de la Syrie est notre sécurité et que nous soutenons la lutte de la Syrie contre les organisations terroristes".

Pour sa part, le président français Emmanuel Macron a appelé son homologue syrien à "faire preuve de retenue", selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangères.

Le communiqué a ajouté que "la France continue ses efforts pour faciliter le dialogue entre les autorités syriennes de transition et les Forces démocratiques syriennes en coordination avec les États-Unis et rappelle son attachement à la mise en œuvre complète de l'accord du 10 mars".

Les Forces démocratiques syriennes (SDF) contrôlent de vastes étendues dans le nord et l'est de la Syrie, incluant les principaux champs pétroliers et gaziers. Elles ont été en première ligne dans la lutte contre l'organisation terroriste "Daech" et ont réussi à l'expulser de ses dernières bastions dans le pays en 2019, avec le soutien de la coalition internationale dirigée par Washington.

Après la chute du régime de Bachar al-Assad, l'administration autonome kurde a fait preuve de flexibilité vis-à-vis du nouveau pouvoir, levant le drapeau syrien dans ses régions. Cependant, son attachement à un système de gouvernance décentralisé et à la consécration de ses droits dans la constitution n'a pas trouvé d'oreilles attentives à Damas.